C’est arrivé en 2018: 10 histoires qui ont marqué le monde des affaires

Équipe C2
That happened: 10 big business stories that defined 2018

Chose certaine, le monde des affaires n’a pas eu le temps de s’ennuyer en 2018. Les innombrables histoires – tantôt inspirantes, tantôt déconcertantes, surprenantes ou carrément alarmantes – qui ont marqué les 12 derniers mois en disent long sur notre relation à la technologie, l’évolution de nos pratiques commerciales et la montée en puissance de certaines forces mondiales.

Voici un tour d’horizon de quelques-uns des événements qui ont retenu notre attention (et celle du monde entier) cette année.

 

10. Guerre commerciale: les empires contre-attaquent

En juillet, invoquant des pratiques commerciales déloyales et des violations de propriété intellectuelle, le président Trump a lancé la première salve dans ce qui est devenu une véritable guerre commerciale opposant les deux plus grandes économies du monde. Jusqu’à présent, les États-Unis ont imposé des droits de douane sur 250 milliards de dollars de produits chinois, et ont menacé de taxer 267 milliards de dollars d’importations supplémentaires. La Chine, limitée par le déséquilibre des échanges transpacifiques, a rétorqué en taxant 110 milliards de dollars de marchandises américaines, mais menace de répondre à toute nouvelle taxation américaine par des «mesures quantitatives et qualitatives». Les dommages collatéraux de ce qui a été qualifié par le ministère du Commerce de la République populaire de Chine de «plus grande guerre commerciale de l’histoire de l’économie» se sont fait ressentir aussi loin que chez les homards du Maine et aussi près que dans le bureau de votre médecin (la Chine refuse de partager des échantillons de virus souches d’influenza utilisés pour développer des vaccins contre la grippe). Légèrement alarmant.

 

9. Un nouvel accord de l’ALENA (ou quelque chose comme ça)

Parlant d’échanges commerciaux houleux… Il aura fallu plus d’un an de négociations généralement tendues et de menaces américaines contre le Canada (à propos des tarifs douaniers et des accords bilatéraux distincts) pour y arriver, mais à quelques heures de la date butoir du 30 septembre, les négociateurs sont finalement parvenus à conclure l’accord de libre-échange nord-américain version 2.0. L’entente a été signée par le président Trump, le premier ministre Justin Trudeau et le président mexicain Enrique Peña Nieto le 30 novembre lors du sommet du G20 en Argentine – et semble-t-il que les tensions étaient toujours palpables. Malgré tout ce qui a été convenu dans ce document titanesque, il s’est apparemment avéré impossible de s’entendre sur le nom qu’il fallait lui donner. Au Canada, c’est l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM); aux États-Unis, c’est l’Accord États-Unis-Mexique-Canada (USMCA); au Mexique, c’est le Tratado entre México, Estados Unidos y Canadá (T-MEC). Mais bon, ce qui compte, c’est que c’est fait.

 

8. Techlash: les monopoles sous la mitraille

Les géants de la tech ont passé un mauvais quart d’heure cette année, entre les employés d’Amazon et les organisations de défense des libertés qui ont ouvertement critiqué l’entreprise pour avoir mis son logiciel de reconnaissance faciale à disposition des forces de l’ordre; les manifestations visant à dénoncer le harcèlement sexuel chez Google et les scandales à répétition du côté de Facebook. Dans la foulée du scandale Cambridge Analytica, le PDG du populaire réseau social Mark Zuckerberg a été convoqué à une audition très médiatisée devant le Sénat américain. Il a aussi dû répondre de l’impact de Facebook sur les droits humains au Myanmar, concluant qu’«ils devaient en faire plus pour éviter que la plateforme ne soit utilisée à des fins de propagande haineuse incitant à la violence hors ligne». En réponse à l’épisode Cambridge Analytica, la société a revu ses paramètres de confidentialité, réécrit ses conditions d’utilisation et introduit une nouvelle façon pour les utilisateurs d’accéder à des copies de leurs données, question d’être plus transparents quant à la façon dont celles-ci sont exploitées.

 

7. Avoir la pêche

Un rapport de Deloitte prédisant les tendances en matière de fusions et acquisitions a visé juste en prédisant une forte hausse du volume et de l’ampleur des opérations de fusion et acquisitions au cours de la dernière année, surtout dans le secteur des technologies. En fait, 2018 a battu tous les records, avec quelque 2,5 billions de dollars d’opérations de FA au cours des deux premiers trimestres seulement, ce qui en fait l’année la plus importante jamais enregistrée. Et décidément, la pêche a été bonne pour certains gros requins en 2018. Parmi les plus grosses prises: Microsoft a acquis la plateforme de développement de logiciels GitHub pour 7,5 milliards de dollars, Walmart est devenu premier actionnaire de la plateforme de commerce électronique indienne Flipkart avec une participation de 77% acquise pour la modique somme de 16 milliards de dollars, IBM a acquis le distributeur de logiciels libres Red Hat pour 34 milliards de dollars et AT&T a conclu son acquisition de Time Warner pour 85 milliards de dollars.

 

6. Coup fumant: le Canada légalise le cannabis récréatif

Ô Cannabiz! À moins que vous n’ayez passé l’année sous une roche, vous savez que le 17 octobre 2018, le Canada est devenu le premier pays du G20 à légaliser la distribution et la vente de cannabis récréatif. Alors que les experts de l’industrie prédisent que ce marché atteindra 20 milliards de dollars dans les années à venir, le monde entier – et surtout celui des affaires – continue de suivre cette histoire de près. Après tout, ce n’est pas tous les jours qu’une industrie illicite devient légale… au point où le pays est déjà presque en pénurie de cannabis.

 

5. La première piétonne tuée par un véhicule autonome*

(*Entre-temps, environ 1,25 million de personnes dans le monde ont été tuées par des voitures ordinaires)

En mars, un Uber sans conducteur a tué une femme de 49 ans à Tempe, en Arizona, dans le premier accident mortel impliquant un véhicule autonome et un piéton aux États-Unis. Les organismes de réglementation et les médias se sont empressés de pointer cette technologie du doigt en la qualifiant de danger public, comme chaque fois qu’un véhicule autonome est impliqué dans un accident. Or, l’an dernier seulement, plus de 40 000 personnes ont perdu la vie dans des accidents de voiture aux États-Unis seulement. En outre, environ 94% des accidents de voiture sont attribuables à une erreur humaine. Les répercussions de cette collision fatale pourraient toutefois être lourdes de conséquences compte tenu, comme l’a fait remarquer Forbes, que «pratiquement tous les constructeurs automobiles, en plus des sociétés technologiques comme Apple et Google, testent la conduite autonome dans l’optique que cette technologie sera suffisamment avancée pour être déployée à grande échelle d’ici 2025».

 

4. Musk s’envoie en l’air

Impossible de parler de l’industrie automobile sans parler d’Elon Musk, fondateur de Tesla/SpaceX, qui a monopolisé la conversation – pour le meilleur et (surtout) pour le pire. Le premier lancement – réussi et tout à fait spectaculaire – de la fusée Falcon Heavy de SpaceX, en février, a mené Musk au firmament de l’actualité, au sens propre comme figuré… bien que l’on se rappellera probablement surtout de la Tesla Roadster qu’il a envoyée en orbite dans l’espace.

Au printemps dernier, les retards de production du modèle 3 ont fait mal à l’action de Tesla, obligeant Musk à élire domicile dans son usine Tesla de Fremont, en Californie, où il a même dormi sur un canapé le temps de remettre le train sur les rails. En août, Musk a twitté qu’il songeait retirer Tesla des marchés boursiers et privatiser l’entreprise à un tarif de 420$ la part, ce qui a attiré l’attention des actionnaires (enthousiastes) et des organismes américains de réglementation des valeurs mobilières (moins emballés). En septembre, la Securities and Exchange Commission des États-Unis a accusé Musk d’avoir fait des déclarations trompeuses. Peu de temps après, Musk a conclu une entente avec la SEC en vertu de laquelle lui et Tesla ont dû payer une amende de 20 millions de dollars chacun. Et comme si septembre n’avait pas été assez rocambolesque, Musk a fumé un joint en direct sur le plateau du podcast The Joe Rogan Experience, ce qui s’est conclu par une autre dégringolade l’action Tesla et par le départ du vice-président des finances mondiales de Tesla.

Et c’est sans parler de ses lance-flammes à 500$.

 

3. Le déclin des détaillants américains

L’«apocalypse du commerce de détail» s’est poursuivie cette année, comme en a témoigné la fermeture de nombreux magasins – notamment chez les détaillants J.C. Penny, Gap, Macy’s, Guess?, Urban Outfitters, Victoria’s Secret et Michael Kors. On ne saurait passer sous silence la disparition complète de Toys “R” Us aux États-Unis et de Sears au Canada, le genre de géants du détail dont dépendent les centres commerciaux. On estime que d’ici 2012, seulement 50% des quelque 1200 centres commerciaux aux États-Unis seront toujours ouverts – un virage qui nécessitera qu’on fasse preuve de créativité au moment de réaffecter ces espaces. Un survivant brave toutefois la tempête: un seul et unique magasin Blockbuster tient toujours le fort à Bend, en Oregon.

 

2. Le salaire minimum attire un max d’attention

Le moment était venu de remettre les pendules à l’heure en matière de salaire horaire. Vers la fin de 2018, la question du salaire minimum a fait couler beaucoup d’encre alors le Missouri, l’Arkansas, Seattle ainsi que 10 autres villes et États ont  procédé à une hausse de la rémunération de base des travailleurs. Comme l’a observé NPR, «les tenants et aboutissants du salaire minimum» sont «plus complexes et pluridimensionnels que bien des gens ne le pensent». La bonne nouvelle, c’est que «les évaluations préliminaires ont révélé que les craintes concernant d’éventuelles pertes d’emploi généralisées étaient pour la plupart sans fondement», selon CNN Business. Les économistes s’entendent aussi pour dire que l’augmentation du salaire minimum est associée à une baisse de la pauvreté. Au Canada, le gouvernement conservateur récemment élu en Ontario a toutefois adopté une vaste réforme du travail fixant le salaire minimum à 14$ jusqu’à nouvel ordre, contrebalançant ainsi le plan du gouvernement libéral précédent de le faire passer à 15$.

 

1. Le pouvoir aux femmes (bis)

2018 fut une autre année mémorable pour les femmes, alors que les retombées du mouvement #metoo de 2017 ont continué de se faire sentir. L’assermentation du juge Brett Kavanaugh à la Cour suprême des États-Unis, malgré le témoignage de Christine Blasey Ford, qui a affirmé devant le Sénat avoir été agressée sexuellement par Kavanaugh des décennies auparavant, a ébranlé le milieu politique et galvanisé les associations féministes. En revanche, les Américaines ont riposté en battant des records lors des élections de mi-mandat, tant à la Chambre des représentants qu’au Sénat. Le secteur de la technologie, frappé par ses propres scandales sexuels (comme on l’a vu plus haut), a aussi fait des vagues en encourageant les femmes à prendre leur place dans l’industrie. La Californie, par exemple, est devenue le premier État à exiger que des entreprises comme Apple, Facebook et Alphabet nomment plus de femmes à leurs conseils d’administration. Entre-temps, Microsoft a assuré une meilleure représentation des femmes dans les postes de stagiaires, les rôles techniques et les postes de direction. Voilà qui augure bien pour l’année à venir…

 

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