Pouvoir, politique et parité: les 5 conseils de la mairesse Valérie Plante

Par Laura Beeston, Rédactrice sénior et animatrice du podcast C2
Mairesse de Montréal, Valérie Plante

Vous ne verrez pas Valérie Plante essuyer une larme de sitôt.

C’est l’une des conclusions qu’on a pu tirer du dîner-causerie qui a eu lieu à l’Espace C2 le 6 avril dernier. La mairesse de Montréal a profité de l’occasion pour répondre aux questions des nombreuses leaders féminines réunies pour écouter l’épisode 4 du podcast C2, intitulé Women mean business, et réfléchir aux façons de créer de meilleures perspectives pour les femmes sur le marché du travail.

Après la séance d’écoute collective, Valérie Plante a parlé de ses ambitions en tant que première mairesse de l’histoire de Montréal, des doubles standards auxquelles sont confrontées les femmes de pouvoir, et de la nécessité de transformer la culture organisationnelle.

Voici les grandes idées qui sont ressorties de cette rencontre:

 

1. Bâtissez-vous un réseau

En politique comme en affaires, il faut serrer des mains. La mairesse Plante a insisté sur l’importance des activités de réseautage, comme celles organisées par Concertation Montréal à travers l’initiative Cravates Roses – des événements formels et informels qui permettent aux femmes de se rencontrer, de collaborer et de nouer des relations d’affaires. «Ça nous donne confiance en nous, et surtout, ça nous aide à créer le réseau dont on a besoin pour prendre notre place.»

Selon la mairesse, il est essentiel pour les femmes de développer leur réseau personnel et professionnel.

Selon la mairesse, il est essentiel pour les femmes de développer leur réseau personnel et professionnel.

 

2. Financez les femmes

Qu’on soit politicienne ou entrepreneure, ça prend des sous pour réussir. Pour permettre aux femmes d’accéder à des positions de pouvoir, il faut d’abord investir en elles. Bénéficier d’un soutien financier peut faire toute la différence, comme le parcours de la mairesse Plante l’a démontré depuis son arrivée dans l’arène politique en 2013: «L’argent avancé par mes collègues m’a permis de devenir candidate, et maintenant, je suis mairesse de Montréal, donc ça marche.»

À suivre: Pendant le dîner-causerie, la mairesse Plante a annoncé que la Ville de Montréal s’apprêtait à dévoiler sa grande stratégie économique – la première du genre depuis 10 ans. Celle-ci comprendra des initiatives visant à favoriser l’accès des femmes et des différentes communautés culturelles aux sources de financement, afin qu’elles puissent participer davantage à la vie civique et entrepreneuriale.

 

3. Instaurez la parité

«C’est facile d’affirmer qu’on veut la parité, mais que fait-on comme parti politique pour y parvenir?», s’est enquis la mairesse. «Moi, je dis toujours: oui, c’est beau la parité, mais il y a des moyens à mettre en place.» Question de changer la donne dans une culture politique largement dominée par les hommes, Projet Montréal s’est doté d’un système de quota: «On ne recrute pas d’hommes avant d’avoir atteint un certain pourcentage de femmes», a-t-elle expliqué. «Parce qu’on sait que pour un CV de femme que la Ville reçoit, il y en a 10 d’hommes qui rentrent.»

The Mayor believes formal and informal networks are essential for women to succeed together.

 

4. Misez sur la diversité

La diversité culturelle est un autre aspect très important pour la mairesse Plante. «En général, le milieu politique est très masculin et très blanc», déplore-t-elle. Pendant sa campagne, elle a voulu modifier «l’appareil politique» en recrutant 50% de femmes et 30% de personnes de couleur. Bien que Projet Montréal ait partiellement atteint son objectif en devenant le seul parti à présenter une équipe paritaire (50% de femmes et 50% d’hommes), la mairesse Plante s’affirme déçue du résultat des élections en ce qui a trait aux candidats issus des minorités visibles. C’est pourquoi elle a récemment créé une table sur la diversité, qui s’affairera à rendre la fonction publique, les services et les programmes municipaux plus représentatifs de la population montréalaise.

 

5. Et surtout, ne pleurez sous aucun prétexte.

«Un homme politique qui pleure, on trouve ça beau; on trouve ça doux; on trouve ça humain. Mais une politicienne qui pleure, on oublie ça. Ça pourrait être très facilement jugé.» Même en 2018, le double standard persiste. «On a tellement de modèles de politiciens différents, mais les femmes en politique sont si peu nombreuses qu’elles doivent répondre à toutes les attentes de tout le monde.» La solution proposée par la mairesse Plante? Donner plus de visibilité aux femmes, que ce soit dans la société ou en entreprise. «Plus il y aura de femmes au pouvoir, plus il y aura de modèles, et plus nous pourrons nous permettre d’être nous-mêmes.»

Écoutez l’épisode 4 du podcast C2 (Women mean business) sur iTunes, et regardez toutes les photos de notre dîner-causerie ici.