Pourquoi investir dans la diversité: les grandes vérités d’une investisseuse courageuse

Équipe C2
Why invest in diversity? Truth bombs from a badass VC

Arlan Hamilton est une investisseuse autodidacte en capital-risque. Avant de signer des chèques de plusieurs millions de dollars, elle dépendait de coupons alimentaires pour survivre. Entretemps, elle a redéfini les règles de l’investissement.

Après un passage dans le milieu de la production musicale, la fondatrice de Backstage Capital a mis sa carrière sur la glace pour se consacrer à une vocation qui lui tenait à coeur: investir dans les hautes technologies. Ou plutôt, investir dans le potentiel inexploité des hautes technologies en soutenant les minorités aux idées prometteuses.

Voici ce qu’Arlan avait à dire à C2 Montréal 2018.

 

Apprendre sans le sou

«[Quand j’étais itinérante], je n’avais pas grand-chose, mon seul luxe était d’avoir accès à l’internet et de savoir lire. J’écoutais des balados, je regardais plein de vidéos, je lisais dans les librairies et les bibliothèques. Ça ne coûte rien d’en apprendre plus sur un sujet qui nous passionne. Et sans argent, il n’y avait aucun autre moyen de m’éduquer.»

 

Demander l’opinion des autres (ou pas)

«J’ai arrêté de demander l’opinion des autres parce que quand on demande à 10 personnes ce qu’elles pensent, on se retrouve avec 11 réponses.»

 

Financer les personnes de couleur n’est pas un geste de charité

«Des hommes blancs bien intentionnés voient le financement des personnes de couleur comme une forme de charité ou de coup de main… Je veux que ce soit clair autant pour les entrepreneurs qui cherchent du financement que pour les investisseurs qui font fausse route: il ne s’agit pas de charité. Il ne s’agit pas d’aider de pauvres entrepreneurs malchanceux. Refuser de les financer, c’est une occasion manquée. C’est de la pure bêtise. Voici une information qui vous avait sans doute échappé.»

 

Être privilégié vs croire que tout nous est dû

«Il y a une différence… Un privilège, c’est une chose qui nous est accordée à la naissance, ou qui tombe du ciel. Avoir le sentiment que les choses vous sont dues est un choix qui se voit dans ce que vous faites et dans ce que vous dites. Je n’en veux pas aux privilégiés. Tout le monde a certains privilèges. J’en veux à ceux qui ne reconnaissent pas leurs propres privilèges et qui ne le partagent pas.»

 

Être activiste

«Mon militantisme passe par mon succès. C’est ma façon à moi d’être politique : je déboulonne des mythes. Je n’aurai rien à me reprocher quand je serai riche. Je pratique ce que je prêche en finançant et en favorisant les individus sous-représentés pour qu’ils réussissent. Selon moi, c’est l’une des prises de position politique les plus puissantes qui soient.»

 

Avoir des amis noirs

«Ça m’a frappé un jour, pendant que je regardais un groupe d’hommes blancs dans la vingtaine et la trentaine: “wow, ils ne savent pas ce qu’ils manquent!” Les blancs qui ne sont pas entourés de noirs n’ont aucune idée de tout le fun qu’ils pourraient avoir.»

 

Silicon Valley et la longue route vers la diversité

Ils pensent que c’est un jeu à somme nulle; que si je gagne, ils vont perdre. Pas du tout. Si je gagne, je garantis que les commanditaires gagneront aussi; ils s’enrichiront grâce à mon travail. Le fait que d’autres réussissent ne compromet pas votre propre succès.»

 

S’occuper de soi d’abord

«Il y a moins de trois ans, je rationnais les raisins, mais même quand je vivais de coupons alimentaires, je m’organisais pour me payer la traite une fois par mois avec des sushis. Le grand luxe. Je ne crois pas à la philosophie du “Je vais prendre soin de moi quand je serai rendue là.” Vous êtes toujours , vous y êtes déjà. Il faut prendre soin de soi tout le temps. Si je n’avais pas pris soin de moi à cette époque, je ne serais pas ici aujourd’hui…

C’est important et ça se reflète dans la productivité. La santé mentale est le meilleur atout pour avoir du succès… Il n’y a rien de mal à se donner le droit d’être humain. Il faut se respecter assez pour savoir que l’on mérite de prendre soin de soi, et pour prendre soin des autres en retour.»

 

S’inspirer de Jeu de puissance

«Regardez le premier Jeu de puissance (The Mighty Ducks). Le film montre une équipe tout ce qu’il y a de plus ordinaire… jusqu’à ce que la fille, le noir et le type blanc un peu voyou arrivent. Je dis ça comme ça, mais c’est lorsque ces personnes se mêlent à la dynamique que ça devient intéressant.»

 

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Cet article est tiré de Collisions transformatives: Les Notes de C2 Montréal 2018, un condensé d’idées fortes destiné à tous ceux qui souhaitent mieux comprendre les grandes forces qui gouvernent leur industrie et le monde. Poursuivez votre lecture ici.

 

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