C2 CONVERSATIONS: La PDG de Burning Man explique pourquoi les communautés sont cruciales à la survie des événements

Équipe éditoriale C2
Idées à emporter: réimaginer burning man une conversation avec Marian Goodell
Burning Man n’est pas une expérience de camping. Ce n’est pas non plus un festival.

 

«C’est une communauté qui nous enseigne comment nous réunir et nous présenter», explique Marian Goodell, facilitatrice exécutive et PDG du Burning Man Project, dont la présentation a clôt la première série de C2 CONVERSATIONS — LIVE le 29 mai dernier.

«Black Rock City [un espace éphémère aménagé dans le désert du Nevada tous les ans depuis 1986] émet une onde de choc de connectivité qui motive les gens à s’approprier cette culture et la ramener dans le monde et laisser libre cours à l’innovation, la créativité, la communication et au désir de collaborer…»

«Burning Man est plutôt une sorte d’institution culturelle.»

Black Rock City, l’événement phare du Burning Man Project, est sans contredit un des happenings les plus attendus du calendrier culturel mondial. Mais en raison de la crise de la COVID-19, l’édition 2020, qui devait avoir lieu du 30 août au 7 septembre, a été annulée.

Marian nous confie que, dans le contexte de la pandémie, l’organisation s’est rendu compte que Burning Man avait en fait préparé les participants à cette réalité.

«Notre culture en est une de résilience, explique-t-elle. Nous nous sommes tournés vers le monde pour trouver où nous pouvons être utiles lors d’une telle crise… Le travail organisationnel que Burners Without Borders effectue un peu partout dans le monde en témoigne longuement.»

 

Les 10 principes de Burning Man

Les 10 principes de Burning Man sont offerts à titre de directives, non pas pour dicter comment les gens doivent agir et se sentir, mais comme réflexion sur l’ethos de la communauté et la culture de l’événement depuis sa création. Parmi les principes, on retrouve l’inclusion raciale, le don, la décommodification, l’expression libérée et la responsabilité civique.

 

Un événement qui transforme les communautés

Pour Marian, le but est de canaliser l’énergie de Burning Man vers les communautés de ses participants.

«Nous souhaitons voir les gens prendre et utiliser cette énergie rassembleuse pour nourrir leurs foyers, leurs villes, leurs communautés et leurs voisinages», nous dit-elle. Elle fait référence au projet d’un groupe d’Austin au Texas qui a organisé une parade inversée, où des installations artistiques ont été érigées dans la cour de burners afin qu’une procession de voitures puisse circuler et voir les œuvres en toute sécurité.

«Idéalement, Burning Man serait accessible à tous et l’expérience transformationnelle que chaque personne en tirerait servirait à modifier la façon dont nous existons dans le monde.»

La pandémie a mis en lumière le profond désir que les participants éprouvent de connecter et ce besoin «va bien au-delà des limites de l’organisation de Burning Man».

 

Toute occasion de bâtir des communautés est bonne

Alors que de nombreux événements promettent une connectivité aux participants au-delà des rencontres, «il n’y a pas réellement de communauté, nous dit Marian. Le moment [de la pandémie] est venu pour bâtir des communautés et d’insuffler aux participants un sentiment d’engagement. De ces mouvements découlera la prochaine itération des événements.»

«Ne faites pas que diffuser en ligne, ajoute Marian. C’est trop simpliste. Il faut développer un fil communautaire et générer la connectivité par le biais de nos actions.»

Elle croit également que le fait de bâtir des communautés va aider les organisateurs d’événements à regagner la confiance et à assurer les mesures de sécurité nécessaires pour accueillir des participants lorsque ce moment sera enfin venu.

«On se sent en sécurité au sein d’un groupe lorsque nous en partageons les valeurs et les intentions, dit-elle. Si j’étais impliquée [dans l’industrie événementielle], je trouverais des façons de rassembler des gens à petite échelle, pour rétablir la confiance et ensuite planifier la tenue [des événements] à l’image de nos désirs les plus fous.»

C'est ce que nous devons faire pour le moment: montrer le meilleur de nous-mêmes – Marian Goodell

 

À vous d’incarner un burner digne d’admiration

Après l’annulation, Marian explique que Burning Man est devenu une «machine de levée de fonds».

Tout ce que les burners avaient imaginé partager avec leur communauté dans le désert et lors d’autres événements disséminés un peu partout dans le monde, ils peuvent le partager avec leur propre communauté, recommande Marian. «À vous de faire [votre propre Burning Man] à votre façon dans votre communauté; tout ce que vous pouvez imaginer, faites-le avec décorum, innovation, enjouement, art et récits. C’est le bon moment

«Le monde a besoin de la confiance mise de l’avant à Burning Man, des façons dont nous apprécions l’humanité et célébrons le changement, ajoute-t-elle. Nous tendons naturellement vers l’aventure. C’est le bon moment [pour les burners] de se demander: “Où a-t-on besoin de moi et comment puis-je me révéler?” et d’y aller et de se présenter.»

 

Écoutez la Conversation complète de Marian Goodell

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