Les conseils de Snoop Dogg et Ted Chung aux entrepreneurs en herbe

Par Clay Hemmerich
Becoming a chronic entrepreneur: Lessons from Snoop Dogg and Ted Chung at C2 Montréal 

Potes et partenaires d’affaires depuis plus de 20 ans, l’artiste hip-hop Snoop Dogg et le fondateur de Cashmere Agency et Stampede Management, Ted Chung, sont venus parler de l’industrie du cannabis récréatif à C2 Montréal.

Calvin Cordozar Broadus Jr. – alias Snoop – s’est fait connaître partout dans le monde avec son premier album, Doggystyle, paru en 1993. Depuis, il a ajouté la corde d’entrepreneur à son arc et s’est taillé une place enviable dans le monde des affaires grâce à sa créativité, sa patience et son flair.

 

Voici ce que Snoop nous a appris à #C2M18:

 

Différenciez-vous et arrivez avec un plan (et du papier à rouler)

Ted avait entendu dire que Snoop était fan de blunts – ces joints roulés dans du papier à cigare. Quand ils se sont rencontrés, il a dit au rappeur: «Et si on essayait de lancer notre propre business de papiers à blunts?» Snoop a aimé l’idée. «Non seulement ce gars m’apportait du papier à rouler, mais il allait aussi m’apporter de l’argent – et ça, c’était une première», s’est rappelé l’artiste. «J’ai aimé son esprit d’entreprise, et le fait qu’il me ferait faire du profit. On est devenus amis.»

 

Gagnez la confiance de vos partenaires

Comme l’a raconté Snoop, à partir de ce moment, les deux partenaires ont exploré d’autres avenues. «Ted faisait partie de ma business, puis a fini par prendre les rennes, mais il a gagné ma confiance en faisant ses preuves. Il n’est pas arrivé en disant: “Salut, je suis Ted et maintenant, c’est moi le patron.” Nan. On va faire de l’argent, on va apprendre ensemble et on va apprendre des autres. Quand on arrivera en haut de la colline, on sera tous les deux aux commandes. Et c’est ce qui se passe en ce moment.»

Écoutez vos amis

À 14 ans, Snoop faisait des rap battles sur la côte ouest. «Ce n’était pas une question d’argent. À l’époque, aucun rappeur n’en faisait», explique-t-il. «J’affrontais des gens dans chaque ville… J’ai fini par faire partie de l’élite. C’est ce qui m’a fait réaliser que j’avais quelque chose de spécial. Puis je me suis retrouvé en prison et mes potes étaient comme: “T’as du talent. Ta place n’est pas ici.”»

 

Adaptez-vous

Rappeur-entrepreneur – ou plutôt entrepreneur-rappeur –, Snoop a affirmé que ce n’était pas le monde des affaires en soi qui l’avait attiré, mais la crainte que le rap ne lui permette pas toujours de gagner sa vie. Il a donc fait appel à sa créativité et a commencé à semer les graines de son empire commercial. «Le rap a ses limites… C’est ce que je me suis dit. J’ai donc cherché une façon d’en faire plus et de ne pas mettre tous mes œufs dans le même panier.»

 

Parlez moins, agissez plus 

Snoop l’avoue: sous ses atours nonchalants se cache un infatigable hustler. «Je n’arrête jamais de travailler. J’ai toujours un nouveau projet. Je ne sais pas toujours ce qui s’en vient et, parfois, je suis le premier surpris. Je ne suis pas du genre à dire: “Ouais, je suis en train de bosser sur tel ou tel truc qui va sortir la semaine prochaine.” Je suis plutôt celui qui dit:  “T’as entendu le nouvel album de Snoop? C’est sorti hier. BOUM!”»

 

«Passez le mot: Snoop Dogg est la voix de la réforme: Libérez-les!»

N’oubliez pas d’où vous venez

Snoop a répondu à une excellente question d’une participante de C2 au sujet de l’incarcération massive de jeunes issus des minorités visibles pour des accusations liées au cannabis. «Je veux être leur porte-parole», a dit Snoop. «Je ne veux pas être le gars qui profite de cette industrie pendant qu’eux, ils sont incarcérés. En tant qu’homme noir, je sais qu’on est victimes de profilage parce que je me suis moi-même retrouvé plusieurs fois en prison à cause de la marijuana. C’est documenté. Aujourd’hui, c’est le retour du balancier: je fais de l’argent grâce au cannabis, mais il y a d’autres hommes noirs qui sont toujours en dedans et dont personne ne se soucie. Si vous voulez vraiment qu’il y ait une réforme, il va falloir commencer par les libérer.»

 

Une étude du Toronto Star a révélé qu’au Canada, les consommateurs de cannabis noirs sont trois fois plus susceptibles d’être arrêtés pour possession de drogue que les Blancs. Politico a aussi constaté que 86% des personnes arrêtées pour possession de cannabis étaient des gens de couleur (48% de Noirs, 38% d’Hispaniques, 9 % de Blancs).

 

«Passez du moi au vous

En faisant référence au pouvoir des collisions transformatives et de sa rencontre avec Ted, Snoop a partagé le secret de leur succès dans l’Aquarium C2. «Un diplômé de l’école de commerce avec un ex-vendeur de drogue. Ensemble, ça fait de la magie.»

«J’avais beau avoir l’esprit d’un PDG de Fortune 500, je ne savais pas comment passer à l’action.»

 

Illustration: Caroline Lavergne