De l’isoloir à l’action

Par l'équipe éditoriale de C2

Le 15 septembre, c’est toute une journée. D’abord, c’est vendredi. Et puis il fait un soleil radieux à Montréal. Mais surtout, c’est la Journée internationale de la démocratie.

La Journée de la démocratie s’inscrit cette année sous le thème «Démocratie et prévention des conflits», qui met en lumière la nécessité de renforcer les institutions démocratiques afin de promouvoir la paix et la stabilité, selon l’ONU.

«Préserver la paix et la stabilité, explique l’ONU, implique un profond engagement en faveur de la démocratie, du renforcement de la société civile, de l’autonomisation des femmes et du respect de la règle de droit.»

Le besoin d’un leadership plus fort au service de la démocratie n’est pas sans rappeler la conférence de Michael Slaby – le chef de mission de la plateforme politique participative Timshel et ancien directeur de l’équipe technique et politique de Barack Obama – lors de son passage à C2 Montréal cette année.

« Nos dirigeants n’en donneront jamais plus que ce qu’on leur demande, affirme-t-il. Ils vont commencer à changer leurs comportements quand on les obligera à le faire. »

Michael estime que la démocratie, un système basé sur les convictions, est brisée. Nous avons perdu confiance en nos institutions politiques parce qu’elles ont été prises d’assaut par des gens qui ne se préoccupent pas des grands idéaux. Mais attention : nous désengager de la mécanique politique fait de nous des complices de sa désuétude.

Comment bâtir la confiance ?

Suivez les conseils de notre spécialiste de la confiance, Ben Boyd.

« La politique doit être plus que locale, elle doit devenir une affaire personnelle »
La technologie fournit de nouvelles occasions pour s’engager politiquement. Les dirigeants doivent y voir une façon de cultiver des liens et d’inspirer les gens à s’impliquer. La plateforme d’engagement Hustle est un bon exemple de la manière dont la technologie peut être utilisée pour faire jaillir des actions individuelles. L’idée est de faire en sorte que la participation soit aussi facile et aussi fréquente que possible, sur des sujets qui vous tiennent à cœur : votre école, votre quartier, votre ville.

« Exigez que la politique se préoccupe du progrès, pas du pouvoir »
Si nous attendons que nos dirigeants se transforment, nous risquons d’attendre longtemps. Le désengagement civique ne bénéficie qu’à la classe politique. Et alors que dernièrement, la participation politique a été réduite à contribuer ou voter, nous devons trouver d’autres façons de nous impliquer. Il faut aussi élire des dirigeants qui sont prêts à travailler contre leur propre pouvoir et à nous donner plus de moyens de nous engager.

Non, il n’y a pas d’appli pour ça
« Les médias sociaux ont un rapport ambivalent avec nos valeurs, » pense Michael. « Notre façon de les utiliser compte énormément. » Voyez ces réseaux et ces outils comme faisant partie d’une base pour s’informer, construire nos quartiers, communiquer nos idées et partager des histoires.

Dites adieu au cynisme
« C’est trop facile de se contenter de rire du désastre politique, » dit Michael. Il faut combattre le cynisme en relevant nos manches et en s’impliquant personnellement. Impliquez-vous dans les organismes communautaires, joignez le conseil scolaire, partagez votre point de vue aux réunions municipales. Faites quelque chose que vous trouvez important.

« Ce n’est pas un vulgaire grille-pain »La plupart des machines de votes utilisées dans les élections américaines ont été fabriquées il y a 10 ou 15 ans et ont une durée de vie de… 10 à 15 ans. Michael lance qu’il ne faut pas être devin pour savoir qu’elles vont bientôt cesser de fonctionner, et pas à cause du piratage, mais simplement parce qu’elles vont éventuellement rendre l’âme, comme un vieux grille-pain. Il est grand temps pour les politiciens d’investir aussi dans une technologie pas très sexy comme des machines de vote.

Cet article est adapté des Notes de C2 Montréal 2017.