Idées à emporter : Farah Alibay et sa passion pour l’espace

Équipe éditoriale C2

Farah Alibay est ingénieure de systèmes dans le cadre de missions d’exploration spatiale révolutionnaires. La carrière de cette ingénieure née à Montréal atteint des sommets stratosphériques lorsqu’elle travaille sur les missions réussies vers Mars en 2021 avec le véhicule astromobile Perseverance et l’hélicoptère Ingenuity. Elle inspire d’innombrables astronomes amateurs par sa créativité, ses connaissances et son travail d’équipe pour faire progresser l’exploration spatiale. Au cours d’une conversation édifiante avec Lela Savic, rédactrice en chef et fondatrice de La Converse, Farah a discuté de son incroyable parcours professionnel et de ses efforts pour conquérir l’espace tout en sauvant la Terre.

Voici cinq idées à retenir de cette discussion.

 

Un parcours difficile pour les femmes racisées

Farah est née à Montréal et a grandi à Joliette. Seule enfant racisée de sa classe, elle a eu du mal à se reconnaître parmi ses camarades et ses professeurs. Ce fut un peu la même situation une fois arrivée à Cambridge, dans un domaine où les femmes sont encore minoritaires. Comment a-t-elle fait pour ne pas se décourager? « Moi, ce qui m’a aidé, c’est que j’ai toujours eu ce rêve de travailler dans l’espace, d’explorer. C’est quelque chose que j’ai découvert très, très jeune. C’est ce qui m’a aidé à continuer. C’est trouver cette passion, et plonger dedans. »

 

Il faut trouver les bonnes personnes

Les alliés jouent un rôle important dans l’inclusion des personnes issues de groupes minoritaires. Pour Farah, c’est un collègue qui lui a littéralement offert une place à la table, de même que les programmes conçus pour encourager la relève : « Ce que j’ai vraiment apprécié, c’est que j’ai découvert des compagnies, justement, qui encouragent de jeunes étudiants, des femmes à venir travailler, à leur offrir des opportunités. »

 

L’importance de rester soi-même

Selon Farah, il est essentiel de ne pas se dénaturer soi-même pour se conformer à un environnement, puisque c’est en restant fidèle à soi-même qu’on peut arriver à changer les choses et apporter de nouvelles idées : « S’il n’y a pas de place pour toi, tu ne peux pas te mouler à un environnement. Essayer de se changer soi-même pour se mouler à un environnement, que ça soit dans une compagnie ou dans la société, ça ne marchera pas. Parce que, et surtout quand on travaille en ingénierie, ça prend énormément de créativité. Il faut apprendre à travailler en équipe, à communiquer. Puis, si on ne peut pas être soi-même dans son environnement, on ne pourra pas contribuer. »

 

Comment gérer le stress

Il est normal parfois de douter de soi-même ou d’avoir l’impression que l’on n’est pas à la hauteur. Selon Farah, « il faut reconnaître que beaucoup de gens (et particulièrement les femmes) vivent avec le syndrome de l’imposteur. Moi, je garde sur mon ordinateur une liste de choses positives que les gens ont dites à mon sujet et je les lis quand ça va moins bien. J’essaie d’oublier la pression reliée à mon désir d’atteindre mes objectifs ou à ce que les gens pensent de moi. C’est très difficile, mais j’essaie de m’amuser. Je crois que c’est ça la clé : aimer ce que l’on fait et se concentrer sur le présent. »

 

Faire briller nos réussites

Pour Farah, il est essentiel d’outiller la relève et de l’aider à découvrir les possibilités de carrières qui s’offrent à elle dans le domaine de l’ingénierie et des sciences. « Nous devons célébrer les sciences, le génie, l’innovation. Si on ne parle pas de nos réussites, des gens qui se démarquent dans ces domaines, les jeunes ne pourront pas savoir qu’il existe une place pour eux. C’est important de motiver cette nouvelle génération et leur donner la possibilité de rêver, » conclut-elle.

 

(Re)visionnez la conférence

Si vous avez participé à l’édition 2021 de C2 Montréal, vous pouvez revoir les conférences et ateliers sous l’onglet À la demande, sur la plateforme événementielle C2Agora.

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