La jeune activiste Jamie Margolin fait le point sur le désastre climatique

Équipe C2
Reality checks from youth climate activist Jamie Margolin

Crédit: Myriam Baril-Tessier

Jamie Margolin, Speaker at C2 Montréal 2019

Jamie Margolin

Fondatrice et co-directrice exécutive, ZERO HOUR

@JAMIE_MARGOLIN

 

«Le changement climatique est le point culminant de tous les systèmes d’oppression qui se développent et que nous entretenons depuis des siècles.»

 

Jamie Margolin, 17 ans, est furieuse.

La fondatrice de Zero Hour déteste qu’on lui demande ce qu’elle veut faire quand elle sera grande. C’est une question injuste, dit-elle, considérant que nous sommes en pleine sixième extinction massive de la planète et que nous n’avons qu’une dizaine d’années pour changer les choses.

Jamie aura alors 27 ans.

À l’été 2017, alors que sa ville natale de Seattle étouffait sous la fumée des feux de forêt canadiens, Porto Rico était frappée par l’ouragan Maria, et puisque personne ne semblait faire un plus un, elle a décidé d’agir.

Frustrée que les adultes et les politiciens n’en fassent pas assez pour résoudre la crise climatique, elle a lancé un mouvement pour mobiliser les jeunes afin qu’ils prennent le relais. Un an plus tard, ils avaient une liste de revendications et descendaient dans les rues de Washington D.C. – et de tout le reste du pays.

«Le fait d’être né après le 11 septembre 2001 signifie non seulement que les contrôles de sécurité constants dans les aéroports ont toujours été une réalité pour moi, mais aussi que la vie telle que nous la connaissons touche à sa fin et que c’est la faute des humains», martèle Jamie, «et ce n’est vraiment pas évident de grandir dans cette réalité.»

Alors ne l’appelez surtout pas «ma puce». Ne lui dites pas à quel point elle est inspirante et ne la félicitez pas pour son «bon travail». N’essayez pas de la rassurer en lui disant que tout ira bien, parce qu’à ce rythme-là, dit-elle, ça ne s’enligne pas pour ça.

Vous ne ressentez pas encore de sentiment d’urgence face au changement climatique? Poursuivez votre lecture…

 

Il est vraiment passé moins une

Environ un million d’espèces sont actuellement menacées d’extinction – et c’est notre faute.

Les Nations Unies ont récemment fait état de la vitesse «sans précédent» à laquelle nous détruisons notre environnement naturel, citant des études qui confirment que 75% des terres et 66% des eaux de la planète ont été considérablement altérées par l’homme.

«D’ici 2030 environ, nous devrons transformer complètement notre société telle que nous la connaissons pour survivre», dit Jamie, dont les prédictions sont alignées à celles des scientifiques de l’ONU.

«Ce ne sont pas mes arrière-petits-enfants qui seront affectés par le changement climatique, c’est moi. Moi quand je vais avoir 30 ans ou quelque chose comme ça.»

«Peu importe vos convictions politiques, que vous soyez libéral, conservateur ou autre, dit-elle. Scientifiquement, physiquement, notre planète ne peut pas soutenir une société qui ne fait que prendre, prendre et encore prendre.»

 

La faute des «ismes»

Pour nous sortir de cette crise climatique, nous devons d’abord comprendre – et non répéter – ce qui nous a menés ici. Selon Jamie, le capitalisme, le colonialisme, le sexisme et le racisme sont parmi les principales causes sous-jacentes de la crise climatique.

Sur la ligne de front, les groupes marginalisés sont affectés de façon disproportionnée par cette crise, ajoute Jamie, et quand on cherche des solutions, il faut les écouter.

Un rapport de la Banque mondiale de 2018 prévoit qu’il y aura 143 millions de migrants climatiques d’ici 2050 si nous ne faisons rien, et que ce sont les populations les plus pauvres du monde qui seront les plus touchées, forcées de fuir à cause des pénuries d’eau potable, de la montée du niveau des mers et des récoltes trop maigres.

L’ONU souligne aussi que 80% des personnes déplacées pour des raisons liées au climat sont des femmes.

«Euh… Excusez-moi, mais c’est du CO2. Comment l’air peut-il être raciste? L’environnement n’est pas raciste en soi, mais la façon dont nous décidons qui vit dans tel ou tel environnement l’est», affirme Jamie.

 

Agissez comme des adultes: mettez de l’ordre dans votre bordel

Bien que Jamie ait lancé un mouvement à l’échelle nationale, elle est aussi une jeune étudiante qui a dû faire l’école buissonnière juste avant la période d’examens pour prendre la parole à C2 Montréal 2019.

«Je n’ai ni le pouvoir ni les ressources nécessaires pour modifier ces systèmes, contrairement à beaucoup de gens dans cette salle», dit-elle, soulignant que l’élection de 2020 sera sa première occasion de voter.

«Mon travail, en tant que jeune, c’est de dénoncer toute cette merde, alors c’est ce que je fais, mais je ne peux pas faire tellement plus que ça. Nous avons besoin que les gens au pouvoir, les gens d’affaires, les gens qui jouent un certain rôle et qui ont tout simplement un peu de pouvoir dans notre monde prennent des mesures concrètes pour nous.»

 

Vous voulez soutenir le mouvement Zero Hour?

  • Participez ou offrez votre aide en tant que bénévole au Youth Climate Summit de Miami (12-14 juillet 2019)
  • Investissez dans vos convictions en faisant un don
  • Veillez à ce que ceux qui sont en première ligne de la crise climatique aient les moyens d’agir et de se faire entendre
  • Signalez clairement aux politiciens que le changement climatique est une question qui vous préoccupe et qu’ils doivent agir en conséquence s’ils veulent être réélus
  • Votez

 

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