La petite histoire de la TOHU : un lieu unique, créatif et innovant

Équipe éditoriale C2

En apercevant la TOHU en filant sur l’autoroute Métropolitaine, il est difficile d’imaginer qu’à peine trois décennies plus tôt s’y dressait la carrière Miron, avec ses deux immanquables cheminées rouges et blanches qui dominaient le voisinage. Ce qui s’est ensuite transformé en site d’enfouissement de déchets est aujourd’hui en voie de devenir le plus vaste parc de Montréal, baptisé en l’honneur du cinéaste québécois Frédéric Back.

 Ici, le parc Frédéric-Back n’est pas le seul espace vert, le bâtiment l’est aussi! Qu’on parle du système de géothermie passive (qui aide à préchauffer en hiver et préclimatiser en été), ou du chauffage au biogaz ou même d’éléments architecturaux réutilisés (des poutres recyclées provenant des usines Angus ont été intégrées à la structure du Pavillon), la TOHU est un véritable pionnière en construction et gestion durables d’immeubles. Et pour cause: il s’agit du premier bâtiment au Québec à recevoir la certification LEED-Or Canada.

 

CRÉER UN LIEU UNIQUE POUR LES ARTS DU CIRQUE

C’est à l’aube des années 2000, au cœur du quartier Saint-Michel, que la Cité des arts du cirque a été créée, un OBNL visant à bâtir les infrastructures nécessaires pour positionner Montréal comme capitale internationale des arts du cirque. La carrière n’était plus exploitée et la Ville avait pris le site en charge dans le but de créer un centre de tri et d’élimination des déchets. Le virage vert était déjà dans l’air. 

Après deux ans de discussions le gouvernement du Québec et la Ville de Montréal, la TOHU a vu le jour en 2004, devenant le principal centre de diffusion des arts du cirque au pays. Elle devenait par le fait même le pavillon d’accueil du futur parc Frédéric-Back. Fondée par Jan Rok Achard, Charles-Mathieu Brunelle, Marc Lalonde et Gaëtan Morency, sa mission se résume en trois mots: Cirque, Terre, Humain.

 

CIRQUE: CRÉER LA MAGIE

Le choix du quartier Saint-Michel était logique, puisque c’est là où se trouvent le siège social du Cirque du Soleil ainsi que l’École nationale de cirque. À l’image de la Cité du multimédia, le concept était de réunir tous les joueurs d’un domaine dans un même secteur physique, en misant sur la synergie que le rapprochement crée. De là est née la Cité des arts du cirque.

Selon Stéphane Lavoie, directeur général et de la programmation de la TOHU, «si notre mission était uniquement de vendre des billets de spectacle, on serait au centre-ville comme les autres. Notre but, c’est de développer la discipline. Développer un public aussi, mais d’abord créer une cité. Si on veut que Montréal soit une capitale des arts du cirque, ça prend une cité des arts du cirque.»

 

TERRE: FAIRE CROÎTRE SES RACINES

C’est par la suite que la TOHU s’est questionnée sur son environnement. Près de l’ancienne carrière et au cœur de l’arrondissement Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension, le choix de participer à résoudre les enjeux environnementaux et sociaux du quartier s’avérait évident. Pas question de faire un pavillon d’accueil ordinaire, explique Stéphane Lavoie : «Si on est le pavillon d’accueil d’un parc, on contribue à sa revitalisation. D’en faire un bâtiment vert, c’était cohérent.»

La TOHU abrite la seule salle circulaire à 360 degrés en Amérique du Nord, en l’honneur des fameux chapiteaux de cirque. Mais au-delà, en véritable modèle de développement durable, elle utilise le chauffage au biogaz, la géothermie passive et conventionnelle, la ventilation naturelle et hybride. On y trouve aussi des toits verts, un bassin naturalisé, des jardins accueillant des ruches et une partie de ses éléments architecturaux sont recyclés.

La TOHU a été le premier bâtiment certifié LEED Or au Québec. Même si ce type de certification était plutôt rare ici, «c’était déjà bien implanté dans l’Ouest», indique Stéphane Lavoie. «Et la géothermie, les Égyptiens l’utilisaient, c’est vieux comme le monde.»

 

HUMAIN: ÉQUITÉ ET COMMUNAUTÉ

Le développement durable ne se limite pas à l’environnement. L’un de ses principes est d’assurer l’équité sociale; en s’implantant dans Saint-Michel, un des quartiers les plus défavorisés au Canada, où vivent plusieurs communautés culturelles, la TOHU a décidé de participer à sa revitalisation. Une partie de sa mission est de démontrer que la culture est un moteur de développement économique et social, dans le respect de l’environnement et en accord avec les communautés. C’est pourquoi la TOHU offre une programmation gratuite pour les résidents du quartier (un peu comme les maisons de la culture). Elle a également mis sur pied une politique d’employabilité locale offrant diverses opportunités d’emploi pour les jeunes de la communauté. Étudié par plusieurs autres organismes, ce modèle démontre de façon éloquente qu’il est possible pour un organisme de rayonner au-delà des frontières tout en prenant activement part à la préservation de l’environnement et au développement social de la communauté dans laquelle il est basé.

 

SE (RÉ) INVENTER

Le milieu des arts vivants se réinvente depuis toujours. La pandémie a touché le cœur, la matière première des arts du cirque, c’est-à-dire l’artiste. Du jour au lendemain, lorsque tout s’est arrêté, tous les artistes de cirque ont dû être rapatriés au pays.

 Dès que possible, la TOHU a su s’adapter. Elle a ouvert une salle d’entraînement pour aider les artistes à rester en forme, physiquement et mentalement. Il y a bien eu quelques spectacles sur Zoom ou dans une cour à deux mètres de distance, mais selon Stéphane Lavoie, ce n’est qu’anecdotique : « Il n’y a rien de durable là-dedans, c’est pour survivre. La performance, le dépassement de soi est encore nécessaire. Ça va revenir. L’important, c’est de rester là. De rester en forme, de rester créatif, de rester vivant et d’être prêt à reprendre le spectacle. »

Depuis quelques mois, les spectacles de la TOHU ont pu reprendre, même à capacité limitée, et elle se fait un bonheur d’accueillir C2 Montréal pour une première fois en formule hybride. Parce que l’art vivant doit continuer à vivre.

Que le spectacle (re)commence!

Un parfait mariage de créativité

La TOHU est un lieu unique de création et d’expérimentation. C’est l’endroit parfait pour y présenter l’expérience en personne entièrement réimaginée de C2 Montréal 2021 (du 19 au 21 octobre).

Cliquez ici pour découvrir toute la programmation de C2 Montréal 2021 (du 19 au 21 octobre).