Le parc Frédéric-Back: un bain de nature en ville

Équipe éditoriale C2

Vous cherchez à vous sentir dépaysé sans sortir de Montréal? Cap sur le parc Frédéric-Back et son décor épuré. Vous vous sentirez tantôt dans un champ loin de la ville, tantôt sur une autre planète. Admirez l’étendue vaste du terrain, son horizon lointain, ses falaises et ses collines. Fermez les yeux. Entendez-vous l’urubu fendre l’air de ses battements d’ailes? Le soleil qui fait danser les tournesols? Le pas rythmé des coureurs résonner?  De quoi oublier que vos deux pieds sont posés sur une montagne de déchets ensevelis sous un ambitieux projet de revitalisation. 

 

Entre deux trous, on pourrait faire quelque chose

Revenons en arrière. Saint-Michel s’est développé entre deux crevasses. Dans les années 1920, deux carrières étaient situées à quelques kilomètres l’une de l’autre. D’un côté, la carrière Miron, qui exploitait du calcaire, et à l’autre bout, la carrière Francon, où on y extrayait de la pierre. La première s’est transformée en site d’enfouissement de déchets avant de devenir le parc Frédéric-Back, et la deuxième recueille aujourd’hui les neiges usées de la ville. Au centre : un quartier qui continue de se développer.

 

Saint Frédéric Back

C’est en 2017, dans le cadre du 375e anniversaire de Montréal, que le parc a été inauguré. Plusieurs s’attendaient à ce que Saint-Michel se retrouve dans le nom officiel. La révélation de Frédéric-Back a été une surprise, mais il a tout de suite fait un large consensus. Le nom convenait parfaitement à l’histoire de réhabilitation environnementale du parc, qui reflète aussi l’engagement environnemental dans l’œuvre du cinéaste de «L’homme qui plantait des arbres», gagnant de deux Oscar™.

 

L’homme qui a planté un pin

Une œuvre d’art nommée Anamnèse 1 +1, créée en deux ans par l’artiste Alain Martin-Richard, s’impose dans le parc. C’est un immense cube fait de pièces d’aluminium coulées à partir de moulage de tissus récupérés chez les résidents du coin. Il a également planté un pin gris à l’intérieur du cube, pour laisser la nature reprendre possession de l’espace. Ce qu’elle a d’ailleurs fait. Étant donné que le parc repose sur des millions de tonnes de résidus et que sa terre ne permet pas de faire pousser certaines végétations, le choix du pin gris était audacieux, les conditions étant extrêmes. Le pin n’a pas tenu la route, il a été remplacé depuis par un vinaigrier, déjà très présents sur le site.

On y trouve d’ailleurs une faune et une flore très diversifiées. Les ornithologues amateurs seront comblés, plusieurs oiseaux de proie ont été observés, dont l’urubu, la crécerelle d’Amérique et même le faucon pèlerin. À part les lièvres et les marmottes, les coyotes ont aussi élu domicile au parc. C’est un animal sauvage duquel on ne doit pas s’approcher et qu’il ne faut pas nourrir, mais l’objectif est de cohabiter avec lui et non de le chasser.

En plus des vinaigriers, on trouve de nombreux arbustes, des tournesols et des plantes qui forment un paysage s’apparentant davantage à un champ où la nature règne sans obéir. Mais tout a été réfléchi. Le parc envisage également d’accueillir un lac où poissons et pédalos cohabiteront.

 

Couchers de soleil au clair de dune

Du côté est s’étend le paysage futuriste avec ses champs parsemés de sphères blanches. La route mène à un belvédère permettant d’observer le Mont-Royal et l’oratoire Saint-Joseph. L’endroit est propice aux rendez-vous galants sous le coucher de soleil. La peinture phosphorescente des sphères rend le moment encore plus idyllique, dans une ambiance feutrée, sans tomber dans l’obscurité.

Ces nombreuses sphères au design moderne relient un réseau de tuyaux ensevelis, et servent à capter le biogaz dans le sol, pour le rediriger vers l’usine Biomont, qui brûle le méthane pour le transformer en énergie. Le méthane est 28 fois plus polluant que le CO2, il est donc primordial de le capter et ne pas le libérer à l’air libre. Cette énergie transformée sert même à chauffer une partie de la TOHU, pavillon d’accueil du parc.

 

La tohu vous souhaite la bienvenue

La TOHU offre d’ailleurs un grand nombre d’activités gratuites à l’année dans le parc, que ce soit des visites guidées, des cours de yoga, de tai-chi, le prêt de vélos, de trottinettes ou de skis de fond. Les cinq kilomètres du parc peuvent être parcourus de multiples façons, il suffit de réserver en ligne.

Qui a dit qu’on devait sortir de l’île pour respirer l’air de la nature?

 

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