Moment Factory : les secrets de son succès

Présenté par le gouvernement du Québec

Les participants de C2 Montréal ont eu droit à un moment unique en clôture de l’édition 2021, lors de la conférence « Du talent local, un succès international ». Ils ont en effet assisté à une rencontre passionnante entre Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie et de l’Innovation et ministre responsable du Développement économique régional, et Sakchin Bessette, cofondateur et directeur de création à Moment Factory, le tout modéré par Marie Saint Pierre, présidente, fondatrice et directrice de création à la Maison Marie Saint Pierre.

C2 s’est entretenu avec M. Bessette quelques semaines après l’événement, afin de poursuivre la conversation, développer les idées les plus intéressantes abordées en conférence et tenter de déceler les secrets du succès international de Moment Factory.

 

Lors de votre entretien avec M. Fitzgibbon et Mme Saint Pierre, vous avez dit avoir appris sur le tas, tant les affaires que la création. Y a-t-il une leçon que vous avez retenue pendant votre apprentissage et qui vous guide encore aujourd’hui ?

Ce serait : trouver l’extraordinaire. Il faut trouver l’extraordinaire, ce qui nous passionne. Ensuite, il y a certains principes de base, comme travailler fort, rester libre et ne pas nécessairement entrer dans des moules. Parce qu’avec le temps, on finit par trouver des recettes et adopter des habitudes, mais il faut aussi trouver des façons de rester ouvert d’esprit. Et l’innovation vient avec beaucoup d’inconnu. Il faut donc sauter dans l’inconnu, y naviguer du mieux que l’on peut et éviter de se morfondre à cause de ses erreurs. Il faut apprendre d’elles pour continuer d’avancer.

Autre élément important : il faut comprendre l’être humain. Comprendre que chaque personne est unique et réagit différemment dans diverses situations. Donc, il faut écouter les gens différemment pour les comprendre différemment. Et pour moi, à la base, l’être humain est au cœur de ce que l’on fait. Parfois, on oublie que les gens sont des êtres complexes avec des vies complexes et des émotions complexes.

 

Quelles réalisations particulières ont permis à Moment Factory de se faire connaître à l’international ?

Au début, c’était avec le Cirque du Soleil. On faisait des partys avec Guy Laliberté [fondateur du Cirque] et ça nous a permis d’explorer tout un potentiel et de profiter de plein d’occasions. Ensuite, le concert de Nine Inch Nails nous a ouvert les portes de l’industrie du spectacle à l’international. Puis il y a eu notre mandat à LAX [l’aéroport de Los Angeles], qui nous a donné accès à toute l’industrie des installations permanentes, des grosses infrastructures. Le Super Bowl nous a également aidés à nous faire connaître à une plus grande échelle, beaucoup au Québec et auprès des médias qui ont suivi l’aventure. Il y a aussi les Lumina, ces parcours en forêt qu’on a créés, qui ont connu pas mal de succès à l’étranger.

C’est d’ailleurs une des forces de Moment Factory : la diversité de nos marchés.

 

Quelle est la stratégie de Moment Factory pour se distinguer de ses concurrents internationaux ? Sur quels avantages misez-vous ?

Il y a divers aspects. Le premier, c’est notre capacité de réaliser des mandats dans plusieurs industries. On travaille sur des concerts, on collabore avec des villes, des musées, des parcs thématiques, on crée des Lumina, des Aura et des formats permanents. Je ne connais pas beaucoup d’autres entreprises qui ont autant de profondeur dans ces différents marchés.

Donc, avec ce large éventail, on peut attirer des talents à l’interne : à l’intérieur même de l’entreprise, on a des capacités techniques, créatives et technologiques, des capacités de gestion, de compréhension des marchés, de vente de billets, de promotion. Tous ces éléments constituent un ensemble complet de connaissances internes, ce qui est rare.

Et ça, ça rassure les clients à l’international. Ils se disent : « Pour nos projets d’envergure, avec de grands risques, on va choisir une entreprise qui est solide, qui a une bonne réputation . »

Un autre aspect important est la diversité géographique. Parce qu’on a des bureaux en Asie, en Europe et aux États-Unis, on est présents dans différents marchés, ce qui n’est pas le cas de la plupart des autres entreprises du multimédia.

Mais fondamentalement, ce qui nous rend uniques, c’est la création. Les gens viennent nous voir pour la création. Ensuite, ils vont regarder la capacité et les autres éléments, mais la force créative de Moment Factory est l’aspect le plus recherché.

 

Lors de votre entretien à C2 Montréal, vous avez parlé d’intuition, une qualité sous-estimée en affaires. Quels sont, selon vous, les avantages d’une intuition mieux développée chez un entrepreneur ?

C’est la base de tellement de choses. C’est invisible et c’est intérieur. C’est plus dur à quantifier et à qualifier, mais fondamentalement, si on regarde les grands leaders mondiaux, tant en politique qu’en affaires, ce sont des gens qui ont suivi leur intuition. Cette qualité est à la base du leadership et de la capacité de prendre des décisions. Avant de prendre une décision, il faut y croire, et ça, ça vient de l’intuition. C’est selon moi une force sous-estimée et je pense que s’il y avait des cours dans les écoles primaires pour enseigner l’intuition aux enfants, ça changerait le monde.

 

 

Outre Moment Factory, quelles autres entreprises montréalaises brillant à l’étranger vous rendent fier d’être établi à Montréal ?

Il y en a quelques-unes. Le Centre PHI est un organisme que je respecte beaucoup. Je respecte beaucoup Phœbe [Greenberg, fondatrice et directrice du Centre] et toutes ses initiatives, sa passion et son courage. Je trouve qu’elle a créé un tremplin incroyable pour la culture montréalaise et la créativité québécoise.

L’Arsenal aussi est un centre d’art incroyable, qui réalise des projets de niveau mondial chez nous et qui participe au rayonnement du Québec dans le monde des arts.

 

La génération Z commence à intégrer le marché du travail. Quelles sont vos impressions au sujet de ces jeunes adultes ?

Je pense qu’ils sont formidables. Ils sont très intelligents et très différents des autres générations, à plein d’égards. Ils sont idéalistes, ils sont plus équilibrés dans leurs valeurs. Ils ne souhaitent pas seulement avoir du succès dans leur carrière, ils veulent aussi avoir une bonne vie. Ils ont des valeurs fortes, ils sont ouverts d’esprit. Ils ont grandi avec Internet et ils apprennent une foule de choses beaucoup plus rapidement que les générations précédentes. Et pour que ces jeunes réussissent, il ne faut pas tenter de les modeler comme nous, il faut essayer de s’adapter à eux, les écouter et comprendre leurs besoins pour ensuite pouvoir les intégrer sur le marché du travail.

 

Quel est le plus grand défi pour Moment Factory aujourd’hui ?

C’est la main-d’œuvre, les humains. Avec tout ce qui se passe dans le monde présentement, le défi d’attirer les bons humains qualifiés, qui peuvent contribuer à la création québécoise, est énorme. Il faut trouver de nouvelles solutions pour attirer de nouveaux talents au Québec, pour former la relève afin de créer une main-d’œuvre forte.

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