Montréal la nuit : comment faire revivre le nightlife montréalais

Équipe éditoriale C2
Présenté par la Ville de Montréal

Alors que Montréal émerge lentement de la pandémie, elle renoue avec son quotidien à jamais transformé. Et pour relancer son économie de la nuit, la métropole s’est associée à MTL 24/24. L’organisme à but non lucratif, fondé en 2017, s’est donné pour mission de redonner vie aux nuits montréalaises, autrefois mythiques, et de redorer le blason de cette ancienne capitale de la fête.   

Selon Mathieu Grondin, DJ, producteur et directeur général de MTL 24/24, les mesures sanitaires ont eu des répercussions importantes sur les salles de spectacles, les bars et les clubs, mais la vie nocturne de la métropole battait déjà de l’aile avant la pandémie. « On fait actuellement face à d’importants défis, explique-t-il, liés à la cohabitation et le bruit, par exemple, mais aussi à la stigmatisation de la vie nocturne. »

Le nightlife montréalais, souligne le promoteur, fait partie intégrante de son histoire depuis plus d’un siècle. De l’époque de la prohibition à l’arrivée des clubs de jazz, des discothèques et éventuellement des after-hours, les Montréalais adorent leur scène nocturne et en sont fiers. « Les touristes nous perçoivent aussi comme une ville au nightlife très vivant, dit-il. Ça fait partie de l’identité de la ville. Et comme on l’a ressenti plus que jamais durant la pandémie, la vie nocturne est également un lieu de diffusion important de la culture — c’est là que les carrières se créent —, mais offre surtout des espaces de socialisation qui ont un impact important sur notre sentiment de communauté et notre santé mentale. »

 

Réinventer les nuits montréalaises

Ce sont là quelques-uns des sujets abordés dans le cadre de l’événement Montréal au sommet de la nuit, une série de conférences portant sur les différents enjeux de la vie nocturne dont le second volet, organisé par MTL 24/24 en partenariat avec la Ville de Montréal, s’est tenu au Stereo le 22 octobre dernier. Pour la Ville, cette alliance avec MTL 24/24 s’est faite naturellement. « Les secteurs composant l’économie de la nuit sont encore méconnus à Montréal et assez éparpillés. Il n’y a pas vraiment de cadre ou de modèle de gouvernance qui permet à Montréal de mobiliser l’ensemble des acteurs. Ce qu’on a trouvé intéressant avec le projet de MTL 24/24, c’est leur capacité, notamment au travers du Conseil de nuit, de réunir, fédérer et mobiliser une grande diversité d’acteurs du milieu », explique Véronique Doucet, directrice du Service du développement économique de la Ville de Montréal.

Parmi les enjeux mis en lumière au cours de la conférence, ceux relatifs à l’urbanisme et à la planification ont suscité beaucoup d’intérêt. « L’urbanisme et la planification urbaine sont des leviers extrêmement intéressants pour répondre à des enjeux de cohabitation, par exemple le bruit ou la dynamisation des espaces nocturnes. Il y a une ouverture qui s’est faite au travers de ces conférences », affirme Mme Doucet. 

« Il a été question bien sûr de la crise sanitaire, mais aussi du rôle crucial de la nuit pour les communautés LGBTQ+, pour qui la scène nocturne a souvent été une première famille, un refuge. On a reçu les principaux organisateurs des festivals, qui ont fait un survol de leur expérience de cet été; les bons coups, les mauvais coups, et ce qu’on peut espérer pour les festivals de demain », ajoute Mathieu Grondin.

 

© Igloofest, Miguel Legault

Des artères commerciales à vocation nocturne

Parmi les avenues susceptibles de stimuler l’économie nocturne, les conférenciers ont notamment soulevé le potentiel des grandes artères commerciales dans la création de petits secteurs à vocation nocturne aux quatre coins de la ville, ce qui contribuerait à l’atmosphère distinctive des nuits montréalaises à leur meilleur : festives, éclectiques, accueillantes et sécuritaires.

« Je rêve d’une ville où il y aurait toujours quelque chose d’ouvert, dit le DJ, où on saurait qu’au coin de telle et telle rue, 24 heures sur 24, on trouvera des gens, une place publique, un parc, des escaliers où les gens peuvent se réunir, discuter… Des rues bien éclairées où on se sent libre et en sécurité, où la police ne débarque pas à tout moment juste parce qu’il est tard, où on peut profiter des espaces publics animés et vivants, la nuit comme le jour. » En plus de contribuer à attirer de nouveau les citadins et les touristes sur les grandes artères commerciales comme les rues Sainte-Catherine, Saint-Laurent, Saint-Denis et Crescent, et vers des secteurs comme le Quartier des Spectacles, cette vision d’une métropole 24/24 verrait aussi de petites pochettes de nightlife prendre vie dans divers quartiers décentrés comme le secteur de la rue Chabanel, dont la vocation industrielle diurne pourrait être complémentée par un usage de nuit, l’est de Montréal, qui sera bientôt desservi par le REM, ou encore les usines de Lachine, pour n’en nommer que quelques-uns. 

Il s’agit là d’une voie qui suscite l’intérêt de la Ville, bien qu’aucune décision n’ait été prise pour le moment : « On est en train de faire un travail de documentation et d’arrimage autour de ce que représentent les artères commerciales dans l’économie de la nuit, et c’est intéressant d’avoir des acteurs comme les sociétés de développement commercial qui dynamisent certaines artères. C’est extrêmement pertinent de les mobiliser autour de la vie économique nocturne », précise Véronique Doucet.

 

© C2 Montréal, Arianne Bergeron

Un partenariat prometteur

En août dernier, la mairesse Valérie Plante a par ailleurs annoncé un investissement de 600 000 $ sur trois ans dans le cadre d’un partenariat stratégique avec MTL 24/24. Ce partenariat s’articulera autour d’un plan d’action triannuel visant à relancer et redynamiser les nuits de Montréal. Le plan d’action comportera divers volets, dont un conseil de nuit, qui servira à mobiliser et réunir les différents acteurs de cet écosystème, ainsi qu’un volet de recherche, afin de bien saisir tous les impacts de la pandémie sur le secteur économique nocturne. Le plan prévoit également des formations, des guides, et des ateliers d’accompagnement pour les entreprises du milieu afin de les soutenir dans la relance de leurs activités.

Mme Doucet rappelle toutefois que le chantier sur la vie économique nocturne à Montréal est un objet complexe qui s’articule bien au-delà de la sphère économique : « On a énormément d’enjeux de santé, de sécurité, d’inclusion, de diversité par exemple. […] C’est un chantier qui démarre tout juste, qui prendra certainement du temps, et qui devra réunir de nombreux partenaires et de nombreux acteurs pour aboutir à quelque chose de concret. »

Bien que la pente à remonter soit longue, Mathieu Grondin croit sincèrement que le Montréal auquel il aspire possède déjà tous les outils nécessaires à sa renaissance. Mais pour vraiment soutenir et développer la vie nocturne, il faudra ensuite revoir les lois entourant le bruit et les heures d’ouverture afin de protéger les petits établissements, essentiels à la vie culturelle et sociale des différents quartiers. « Le simple fait de pouvoir opérer après trois heures du matin, lance-t-il, ferait une énorme différence, et je crois qu’on peut y arriver. On avait déjà fait beaucoup de chemin avant la pandémie, qui est venue tout retarder. La bonne nouvelle, c’est que vu son statut de métropole, Montréal a tous les pouvoirs pour opérer ces changements-là elle-même, sans devoir passer par Québec. » 

En dépit des nombreux défis auxquels il fait face, le nightlife montréalais est sans contredit entre bonnes mains. Il y a fort à parier qu’il renaîtra bientôt de ses cendres, plus vibrant que jamais, pour que rires et musique résonnent de nouveau dans nos rues pleines de souvenirs. Jusqu’au lever du soleil. 

 

Les nuits montréalaises, nouveau territoire à conquérir

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