Ok, c’est quoi, l’IA, finalement?

par l'équipe éditorale de C2

L’IA va-t-elle vraiment tout changer? Entre deux tweets de Musk et de Poutine, on se demande: que savons-nous vraiment au sujet du futur rôle de l’IA – et de ses conséquences qu’on dit si imprévisibles?

Hier, Elon Musk faisait encore une fois la nouvelle, avec cette prédiction pour le moins funeste: «La concurrence des différentes nations pour la supériorité en IA, la cause la plus probable de la 3e guerre mondiale, à mon avis», a-t-il tweeté.

Musk répondait à cette affirmation du président russe Vladimir Poutine quelques jours plus tôt: «L’intelligence artificielle est non seulement l’avenir de la Russie, mais celui du genre humain tout entier. Celui qui deviendra le leader de cette sphère dominera le monde.»

Peut-être, mais à ce stade-ci, les impacts et les opportunités inhérents à l’intelligence artificielle – qui pourrait bien être à la base d’une nouvelle révolution industrielle – ne sont pas clairs, même pour les plus grands spécialistes du domaine.

Au printemps dernier, dans le cadre du premier Forum Intelligence artificielle à C2 Montréal (concocté en collaboration avec l’incubateur montréalais Element AI), des chercheurs, technologues, philosophes et entrepreneurs nous ont décrit l’état des lieux et les possibilités d’avenir de l’IA. En voici les grandes lignes.

 

Les machines ne font pas (encore) le poids

Oubliez Skynet et Terminator. Selon Yoshua Bengio, cofondateur d’Element AI et sommité de l’apprentissage profond, nous sommes encore très loin de répliquer l’intelligence humaine.

Voici le genre de scénario que l’IA est en mesure de comprendre aujourd’hui:
Sam entre dans la cuisine.
Sam prend une pomme sur la table.
Sam se rend dans la chambre.
Sam dépose la pomme.
Où est la pomme? Dans la chambre.

 

L’IA est au stade embryonnaire

Cela dit, la recherche progresse à vive allure. Yoshua prétend que même si nous mettions un frein à la recherche aujourd’hui, il nous faudrait encore dix années pour tirer profit de tout le progrès et de tous les outils que nous avons développés à ce jour.

L’intuition, le prochain jalon

Pour l’heure, les algorithmes permettent uniquement de créer une intelligence superficielle capable d’apprendre sous la supervision structurée d’êtres humains. C’est exactement ce que les chercheurs tentent de changer en développant l’apprentissage profond. Steve Wozniak, le cofondateur d’Apple, croit que les humains ont encore quelques longueurs d’avance sur l’IA.

«L’IA est difficile à définir», a-t-il affirmé sous le Grand chapiteau 360. «Ce n’est pas comme un cerveau humain. C’est plutôt une fonction spécialisée qui suit des instructions précises. Nous sommes à des années-lumière de l’intuition artificielle, qui nous permettrait de répliquer la faculté qu’a l’homme d’identifier un problème à résoudre et de choisir la meilleure méthode pour le faire.»

L’IA peut effectuer la plupart de nos tâches

Grâce à une nouvelle avancée dans le domaine de l’apprentissage profond, il est désormais possible d’enseigner aux machines diverses notions, que ce soit les mathématiques de sixième année ou la logique computationnelle, en se servant des mêmes méthodes d’enseignement actuellement employées dans nos écoles. On appelle ça le curriculum learning, ou l’apprentissage par expériences. Selon des scientifiques comme Yoshua, cette technique pourrait un jour nous permettre de répliquer les tâches et les connaissances réservées à l’homme.

«Il n’y a aucune raison de croire que nous ne serons pas capables de comprendre les principes qui définissent l’intelligence, et de construire des machines selon ces principes.»

Qui a parlé de robot?

Est-ce qu’en entendant parler de l’IA, vous vous dites que vous aurez bientôt votre propre R2-D2? Au risque de vous décevoir, nous n’en sommes pas encore là. Les robots sont simplement des coquilles vides qui interprètent le code qu’on leur fournit. Si ce code peut apprendre et s’améliorer de façon autonome, on parle alors d’IA, mais ce genre d’intégration n’est pas encore réalisable.

Intelligence artificielle : branche de l’informatique ayant pour objet l’étude du traitement des connaissances et du raisonnement humain.

Apprentissage automatique : processus par lequel un ordinateur acquiert de nouvelles connaissances en tenant compte des résultats antérieurs.

Apprentissage profond : ensemble de méthodes d’apprentissage automatique faisant appel à des réseaux de neurones artificiels qui imitent le cerveau humain.

Cet article est adapté des Notes de C2 Montréal 2017, que vous pouvez lire en entier ici.