Parcours Innovation PME

Équipe C2

Pendant 3 ans, le Parcours Innovation PME de la Ville de Montréal a permis à des entrepreneurs de petites et moyennes entreprises (PME) de trouver des solutions concrètes à leur problématique d’affaires grâce à de la formation, de l’accompagnement et trois grandes conférences, incluant C2 Montréal. Chaque année, de 30 à 40 entrepreneurs s’embarquent dans un parcours d’une durée de 9 mois, qui s’avère transformatif pour plusieurs.

Alors que les 40 entrepreneurs de l’édition 2017 s’apprêtent à participer à C2 Montréal dans le cadre du Parcours, voici comment trois entrepreneurs ont fait de leur expérience un succès, par le fait même, transformé leur entreprise: Vincent Mahé de Gastronomia, Vincent Godcharles de Logient et Jean-Sébastien Lemire de Thermetco.

Créer une communauté pour régner: Vincent Mahé, Gastronomia

L’entreprise Gastronomia, située dans le Sud-Ouest de Montréal, propose des solutions culinaires au goût et à la présentation raffinés, de l’entrée au dessert, afin de compléter les menus des chefs. «Par exemple, un chef peut avoir une cuisine complète sans avoir d’assez grandes ressources en pâtisserie. Il peut donc intégrer un de nos produits à son menu.», explique Vincent Mahé.

Leur problème? Comme ils font affaire avec des distributeurs qui s’occupent exclusivement de la logistique – déjà complexe – de livraison des produits, ils ne sont pas en contact avec le client final. Il leur arrive donc de mal comprendre les besoins de leur cible et d’offrir des produits qui ne correspondent pas exactement à ce que les chefs veulent servir. Et à cause de leur modèle d’affaires, ils ne peuvent pas simplement se replier sur des classiques: «On vend de l’innovation, explique Vincent. Si on arrête de proposer de nouveaux produits, les clients perdent de l’intérêt pour nous. Il faut constamment innover pour aider nos clients – les chefs en moyen et haut de gamme – à innover de leur côté.»

Crédit: Gastronomia

Pour pouvoir continuer à développer des produits tout en limitant les pertes et les coups d’épée dans l’eau, il fallait donc trouver une façon économique, souple et rapide d’entrer en contact avec des clients-types, dans les cuisines de partout au Canada. «En discutant avec un consultant à C2, raconte Vincent, on a pensé à utiliser une application déjà existante – on a choisi Yammer, mais il y en a plusieurs – pour créer une communauté d’utilisateurs de profils différents. L’objectif n’est pas d’en avoir 500: on a sélectionné dix chefs pour leur créativité, parce qu’ils sont des leaders d’opinion.»

En cuisine, les chefs sont extrêmement occupés. C’est pourquoi le processus doit être rapide: l’application est sur leur téléphone, ils donnent leur avis sur le prix, le goût, l’utilité de leurs produits en développement dans un menu, comme un focus group en continu.

Les ventes de Gastronomia sont déjà en forte accélération, avec une hausse de 10% en 2016, et une hausse prévue de 25% en 2017, année de l’implantation de leur solution.

Prendre du temps pour le talent: Vincent Godcharles, Logient

Logient est une entreprise de génie logiciel qui développe des solutions novatrices conçues pour optimiser les affaires de leurs clients. Tous les acteurs du domaine sont confrontés au même problème: comment attirer, mobiliser et retenir les meilleurs talents?

«On s’est donné un objectif simple, soit de pouvoir répondre à la question ‘Pourquoi venir travailler chez Logient?’ de façon unifiée, mais surtout de croire à notre réponse, décrit Vincent.» En quelques mots, la réponse est «parce que Logient fait des projets uniques qui nous différencient, et attire des gens qui lui ressemblent.»

Crédit: Logient

Mais tous les professionnels de la gestion de talents savent que le problème, ce n’est pas tant la réponse que l’authenticité derrière la culture d’entreprise. Et Vincent Godcharles en est bien conscient: «On a pris de l’argent, du temps et on croit à l’importance d’une culture d’entreprise distinctive pour avoir un positionnement fort. On a donc procédé à plusieurs changements:

    • On a créé une équipe d’ambassadeurs de la culture. Ils nous donnent le pouls sur le bonheur des employés et servent de courroie de transmission entre l’idéal et la réalité.
    • On a formé une cellule stratégique de la culture d’entreprise, au point de rencontre entre les ressources humaines et le département des communications. On communique au client avec le produit, mais pour qu’il soit parfait, il faut communiquer la marque employeur aux meilleurs talents.
    • On a doublé la superficie de nos bureaux, avec plus d’espace de collaboration. On a aussi une cuisine complète et des petits-déjeuners de chez Oatbox, ce qui permet aux employés de se sentir bien au bureau.
    • On héberge des startups! Comme on est à la fine pointe de la technologie, nos employés gagnent à être en contact avec des esprits innovants comme les leurs. Plus on est de brain sous un même toit, plus on crée de la valeur.»

 

Quand une entreprise est en forte croissance, il est toujours difficile de mettre le doigt précisément sur ce qui a fonctionné. Mais pour aider à illustrer le propos, voici une petite chronologie des actions et des résultats de Logient:

2014: Offre de service recentrée pour se retirer du service au consommateur (B2C) et se concentrer sur le service aux entreprises (B2B).

2015: 35 employés. Achat de petites entreprises.

2016: Environ 70 employés. Conception de nouveaux locaux. Remaniement de la culture d’entreprise.

2017: Objectif à plus de 100 employés. Heureux.

Alors que les affaires roulent constamment et qu’il est facile d’être trop occupé pour penser à la culture d’entreprise, Vincent Godcharles croit au contraire qu’il faut prendre un temps d’arrêt pour avoir une offre réellement pertinente. De ses dires, c’est ce qu’il a retenu du Parcours et de son passage à C2.

Le Parcours Innovation PME en séance de travail

Changer de méthode pour se diversifier: Jean-Sébastien Lemire, Thermetco

L’entreprise de service métallurgique Thermetco est un témoin privilégié de l’effervescence autour de C2, puisqu’elle se situe à tout juste quelques mètres de l’Arsenal, dans ce quartier où industrie, art et divertissement se côtoient toujours. Mais il ne pouvait pas s’imaginer que c’est à quelques pas de son lieu de travail, entouré de créatifs et d’entrepreneurs hi-tech, qu’il trouverait une nouvelle méthode d’idéation pour innover dans un domaine industriel.

Jean-Sébastien le dit d’emblée: «Le braindating, les labs, ce n’est pas vraiment ce qui m’attirait à C2, et j’y allais parce que ça faisait partie du Parcours et que je leur faisais confiance. Et j’ai bien fait: j’ai été particulièrement marqué par l’atelier de Deloitte sur les 10 différents types d’innovation. J’y ai trouvé un outil que j’ai ramené au bureau le lundi matin, et dont on s’est servi pour trouver un produit innovant qui nous permet d’assurer notre avenir.»

«Avec mon équipe, on a intégré nos procédés à l’outil de Deloitte, et ça nous a permis d’identifier une opportunité avec un de nos clients. Je ne veux pas en dire trop, mais on s’est rendu compte que le traitement thermique qu’on fait sur des pièces de transmission de véhicules à moteurs – un marché en régression – s’applique également à une pièce que l’on retrouve dans les véhicules électriques. Ça nous ouvre tout un marché.»

La pièce en question se destine aux véhicules électriques d’un grand constructeur automobile, auprès duquel ils ont remporté un appel d’offres d’une valeur de près d’un demi million de dollars. «Inutile de vous dire, précise tout de même Jean-Sébastien, que la méthode teinte notre façon d’approcher le marché. En fait, elle donne un cadre à notre façon de voir nos créneaux.»

Se préparer à C2: planifier mais pas trop

Tandis que les 40 entrepreneurs du Parcours Innovation PME s’apprêtent à mettre le pied sur le site, nous avons demandé à nos trois entrepreneurs comment se préparer à C2. Pour Jean-Sébastien Lemire de Thermetco, il faut approcher C2 avec l’esprit ouvert, et faire ne serait-ce qu’un pas hors de notre zone de confort.

Selon Vincent Godcharles de Logient, il vaut mieux prendre un peu de temps pour se préparer: «il faut connaître les outils, avoir un objectif, cibler les conférenciers, les ateliers, les braindates qui nous intéressent, et surtout, surtout, fermer le téléphone et arriver disponible.»

De l’avis de Vincent Mahé de Gastronomia, il faut bien cibler son problème et le répéter à qui veut l’attendre. «Il faut parler de notre problème à autant de personnes créatives que possible, parce qu’on ne sait jamais laquelle saura allumer l’étincelle de la réponse. C’est la meilleure façon d’éviter de se perdre – c’est un lieu très impressionnant et le contenu est abondant – afin de revenir avec des solutions concrètes.»

En arrivant sur le site de C2, gardez l’œil ouvert pour trouver la cohorte 2017 du Parcours Innovation PME. Ils sont là pour échanger, et quelque chose nous dit que vous aussi.