Évolution des perceptions en matière de déchets: apprentissages clés du C2 Takeover Studio ThusThat

Équipe éditoriale C2
Présenté par Rio Tinto

Le Studio ThusThat, c’est une équipe de designers de matériaux qui travaillent dans plusieurs disciplines afin de convertir des déchets industriels en des objets et de la vaisselle esthétiques et fonctionnels.

Utilisant leur créativité pour transformer des matériaux souvent négligés, Kevin Rouff et Luis Paco Böckelmann de ThusThat se sont entretenus avec nous en direct de leur atelier à Amsterdam, afin d’expliquer leurs processus et leur philosophie en matière de réutilisation des déchets dans le cadre de leur #C2Takeover du 23 septembre.

Le duo a également rejoint Amir Afshar, un ancien camarade de classe du Royal College of Art, cofondateur et chef des produits chez Shellworks, pour une conversation portant sur la façon dont nous pouvons commencer à modifier les points de vue sur les déchets en tirant parti du design, en cherchant plus attentivement des matériaux de rechange et en examinant les comportements des consommateurs.

Nous sommes ravis de partager les principaux apprentissages du Takeover, que vous pouvez visionner @c2montreal.

  

Pour déstigmatiser les déchets, il faut les utiliser de manières nouvelles et intéressantes. « C’est un défi, parce que lorsqu’on parle de déchets, on admet du même coup qu’on en a. Cette admission est un grand pas en avant », a dit Kevin.

Au cours des 10 à 15 dernières années, un changement d’attitude a pu être observé chez les consommateurs et les entreprises, qui deviennent de plus en plus ouverts aux nouvelles idées et aux collaborations.

«Nous avons la chance de vivre à une époque où les déchets sont considérés comme de bons matériaux de rechange.»

 

Que le changement d’attitude vienne de la pression exercée par les consommateurs ou des grandes industries qui tentent de trouver de nouvelles solutions, les designers s’entendaient pour dire que, comme tout le monde contribue à la production des déchets, tout le monde devrait participer à la recherche de solutions ayant des effets positifs à long terme.

«Nous sommes tous responsables, a affirmé Amir. En tant que société, nous avons la tâche délicate de résoudre les problèmes que nous avons créés. Pour ça, des interactions à tous les niveaux sont nécessaires.

Tout d’abord, quelqu’un doit développer une solution de rechange, a expliqué Paco. «Ensuite, les structures législatives doivent être en place. Et enfin, il y a une culture des matériaux, les consommateurs doivent savoir quoi faire de ces matériaux.»

Mais il reste encore du travail à faire, particulièrement afin de modifier les comportements des consommateurs. «Nous devrions essayer de provoquer un changement marquant au niveau des consommateurs: par l’éducation, certains compromis commerciaux en matière de performance et les coûts.»

 

L’écoblanchiment et la désinformation au sujet des déchets peuvent être néfastes, tout comme une mauvaise compréhension du recyclage et, souvent, de l’infrastructure qui le sous-tend.

«C’est une zone très trouble, malheureusement», a déclaré Amir.

Selon lui, «la solution la plus importante et la plus difficile, c’est d’être complètement transparents et francs au sujet des problèmes de vos produits.» Et pas dans un sens marketing qui serait déformé.

«Lorsque les gens essaient de donner une interprétation tendancieuse aux informations, ça provoque la méfiance et entraîne la prolifération de la désinformation. L’important, c’est vraiment de comprendre les nuances et de rendre ça clair pour tout le monde, de manière transparente.»

Amir a suggéré qu’il devrait y avoir une standardisation des choses comme le calcul de l’empreinte carbone: «Un seul ensemble de formules pour certifier que les choses sont dégradables, sans un astérisque qui indique “Voir les conditions”… Tout se résume à une analyse du cycle de vie.»

 

Un bon moyen pour les marques établies qui souhaitent s’engager sérieusement sur la voie de la durabilité consiste à collaborer activement avec de petites entreprises et des entrepreneurs afin de trouver ensemble des réponses applicables.

Tous ont convenu que c’était le genre de collaboration qui était nécessaire si nous voulons voir un vrai changement. En étant ouvertes à ce type de collaboration, les entreprises peuvent également gagner la confiance des consommateurs.

«Il faut commencer avec de petits partenariats, et grossir avec le temps… Si on regarde le marché grand public, il faut que ça puisse être reproduit à plus grande échelle. Et ce type d’échelle ne peut venir que d’en haut.»

 

«Il est important d’avoir des approches interdisciplinaires», a précisé Kevin, expliquant que, par exemple, les designers peuvent bouger plus rapidement entre les établissements d’enseignement et un produit prêt à être commercialisé. «Parce que nous travaillons avec des matériaux peu courants, nous devons naviguer entre plusieurs disciplines.»

Se fondant sur leur expérience de travail avec divers matériaux et entre diverses disciplines, Kevin a raconté à C2 que nombre des directions et possibilités les plus intéressantes existent déjà, «il s’agit seulement de créer de nouveaux liens entre les bonnes personnes et ce qui est déjà là.»

Kevin suggère aussi d’être plus attentifs aux matériaux de nos milieux et aux matériaux faisant partie intégrante de notre monde : leur origine, leurs sous-produits, leur histoire. «Demandez-vous comment et où vous vous procurez vos matériaux, et ce que vous pourriez faire différemment.»

Et de ce qui existe déjà, déchets ou autres, que pourriez-vous utiliser?
 

 

 

Ne manquez pas le Studio ThusThat à C2 en ligne

Participez au panel «L’innovation durable ou comment le surcyclage et les nouveaux matériaux façonnent un avenir plus vert»(se déroule en anglais), présenté par Rio Tinto dans le cadre de C2 En ligne – Montréal 2020, du 19 au 30 octobre.

 

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