Premier anniversaire du cannabis légal: 15 prédictions avérées… ou pas!

Legalized cannabis one year later: 15 things that did (and mostly didn’t) happen

L’an dernier à pareille date, on n’avait pas besoin d’en fumer du bon pour avoir des idées de grandeur. Les prédictions enthousiastes fusaient de toutes parts; on se questionnait sur les répercussions sociales, politiques, économiques et culturelles qu’aurait la légalisation du cannabis récréatif. On se demandait si celle-ci transformerait l’image que nous projetions – et avions – de notre société. Et on se disait aussi que peut-être rien, au final, ne changerait vraiment. Une seule chose était sûre: le 17 octobre 2018, le Canada deviendrait le premier pays du G20 à franchir ce pas.

Question de souligner le premier anniversaire de la légalisation, voici une petite rétrospective de ce qui s’est passé (ou pas) au cours des 12 derniers mois:

1. D’abord, les Canadiens n’ont pas cessé de s’approvisionner sur le marché noir. Selon la plus récente Enquête nationale sur le cannabis, menée tous les trois mois par Statistique Canada, 42% des consommateurs ont déclaré avoir acheté au moins une partie de leur cannabis de source illégale. Ceci s’explique en partie par le fait que…

2. Le cannabis légal est devenu légèrement moins cher, comme prévu, mais le marché noir a aussi ajusté ses prix. Selon une autre enquête récente, le cannabis acheté en magasin se vend en moyenne 10,23$ le gramme, alors que le cannabis illicite se vend 5,59$ le gramme. …

3. Côté vente au détail, les provinces ne sont pas toutes égales. Par exemple, l’Ontario, qui compte plus de 14 millions d’habitants, n’a accordé que 25 permis de vente de cannabis dans l’année suivant la légalisation. Par contre, l’Alberta, avec ses quelque 4 millions d’habitants, s’est lancée à tout vent et a ouvert près de 300 magasins. Au moment d’écrire cet article, 561 magasins au total étaient en exploitation au Canada.

4. Bien que la légalisation et les décisions judiciaires qui ont ensuite été prises à l’encontre des opérations non autorisées aient permis de démanteler un grand nombre de distributeurs de marijuana du marché gris, ceux-ci n’ont certainement pas dit leur dernier mot. À Toronto, les ouvertures et les fermetures de magasins de marijuana ont fait l’objet d’un interminable jeu de «tape la taupe» en 2019, de nouveaux dispensaires poussant sur les ruines encore fumantes de leurs prédécesseurs…

5. Presque toutes les grandes compagnies de cannabis ont continué de voir leur argent partir en fumée, avec des ventes décevantes qui ne répondent pas aux attentes des investisseurs. Un scénario similaire à celui qui a entraîné l’échec d’autres introductions importantes en bourse cette année, dont Peloton, WeWork et Uber (c’est-à-dire des promesses excessives alliées à une performance insuffisante).

6. Mais la misère des producteurs de pot a été lucrative pour un groupe en particulier: les vendeurs à découvert. En fait, les 20 titres de cannabis ayant connu la baisse la plus importante ont généré plus de 1,1 milliard de dollars américains au troisième trimestre de 2019.

7. Cela dit, la crédibilité fragile des producteurs de cannabis auprès des investisseurs a repris du galon après que Canopy Growth Corp, la plus grande société de cannabis au Canada, ait terminé en tête de la liste des 30 titres les plus performants de la Bourse de Toronto. Les premières actions de Canopy Growth inscrites au palmarès TSX30 se sont classées au premier rang avec une appréciation de 1 823% au cours des trois dernières années. Un autre producteur de cannabis, Aphria Inc. a décroché la sixième place sur la liste avec une augmentation de 479%.

8. Les médias n’ont pas cessé de parler de l’émergence du commerce du cannabis comme d’une «industrie bourgeonnante».

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9. On ne s’est pas pointés au bureau défoncés. Une nouvelle étude sur l’impact du cannabis en milieu de travail a révélé que la plupart des Canadiens estiment que le cannabis récréatif n’a pas affecté la productivité (74%), l’absentéisme (71%) ou la qualité du travail (70%). Par contre…

10. Un employé de traversier de l’Île-du-Prince-Édouard a accidentellement consommé du cannabis comestible au travail. Il s’en est tiré indemne… mais pour ce qui est de sa productivité, on ne pourrait pas dire!

11. Montréal n’est pas devenue la nouvelle Amsterdam. Pas plus que les autres villes au Canada, d’ailleurs. En fait, le tourisme du pot est, pour le moment, «pratiquement inexistant» ici en raison de plusieurs facteurs, y compris les règles restrictives de commercialisation canadiennes et les questions entourant la promotion du cannabis dans d’autres juridictions à l’international. (Mais n’allez pas raconter ça à Canadian Kush Tours.)

12. Selon l’enquête susmentionnée de Statistique Canada, les produits comestibles, huiles, vaporisateurs et autres vapoteuses n’ont pas remplacé le bon vieux joint comme méthode de consommation de prédilection: 68% des hommes et 62% des femmes préfèrent encore fumer du cannabis plutôt que d’en consommer d’autres formes. Mais ces chiffres pourraient bien changer avec la légalisation des produits comestibles (actuellement illégaux au Canada), prévue pour le 17 octobre 2019.

13. Les chercheurs ont étudié la consommation de cannabis dans la population générale en analysant les eaux usées. Ils ont constaté que Montréal et Halifax se classaient en tête de liste des villes canadiennes qui consomment le plus de cannabis par habitant (étonnamment loin devant Vancouver!)

14. Les gouvernements n’ont pas fait d’argent en devenant dealers. Vu la popularité persistante du marché noir et du déploiement engourdi des dispensaires légaux, on prévoit que les producteurs canadiens n’auront vendu que pour environ 1,1 milliard de dollars américains de cannabis au cours de la première année de légalisation, soit bien en-deça des multiples milliards que certains avaient prédits.

15. Enfin, bien que d’aucuns aient pu craindre le contraire, la légalisation du cannabis n’a pas transformé les rues des grandes villes du Canada en un concert tentaculaire de Grateful Dead. Cela dit, l’été 2019 aura laissé dans son sillage un doux parfum de terpènes…

 

 

Et pour terminer, une prédiction irréfutable…
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