Spike Lee: 4 conseils pour briller en affaires

Équipe C2
Watch and learn: 4 business lessons from Spike Lee

Illustration: Sherwin Sullivan Tjia

La réputation du cinéaste Spike Lee n’est plus à faire. Au fil de sa carrière s’étendant sur plus de trois décennies, ce grand maître du septième art a démontré qu’il était non seulement un storyteller hors pair, mais aussi un véritable baron des affaires. En attendant de l’entendre partager son expertise sur scène à C2 Montréal 2019, voici quelques leçons clés tirées de son travail et de son remarquable parcours.

 

1) Apprenez les règles du jeu…

Quel que soit le domaine, pour réussir, il faut d’abord maîtriser les bases. Les conteurs apprennent à raconter des histoires. Les banquiers apprennent à compter. Les athlètes se mettent en forme. Mais pour faire partie des meilleurs, il faut s’y dévouer corps et âme. Spike a pris le temps de peaufiner son art – et c’est maintenant lui qui donne les leçons.

En plus d’avoir fait ses études en cinéma au Morehouse College, à l’Universtié Clark d’Atlanta et à la Tisch School of the Arts de la NYU (où il a obtenu une maîtrise en production cinématographique avant d’être nommé directeur artistique du programme cinéma en 2002), Spike a aussi trouvé le temps d’enseigner à Harvard. Pendant qu’il fréquentait les bancs d’université, il continuait de travailler sur des films, des documentaires, des vidéoclips, des publicités et même des jeux vidéo.

Pour perfectionner son art, il n’y a pas de secret: il faut pratiquer, pratiquer et encore pratiquer. Et ne prétendez jamais que vous savez tout ce qu’il y a à savoir. Vous vous trompez, parole de Spike. Ne cessez jamais d’apprendre.

 

2) …puis brisez-les!

L’un des crédos du cinéma commercial est de ne déranger personne et de vous assurer que votre travail plaise au plus grand nombre possible. Très peu pour Spike.

Flirtant avec la controverse depuis ses débuts, Spike a donné le ton aux décennies d’oeuvres-choc qui allaient suivre avec le film qui l’a révélé au monde, Do the Right Thing, sorti en 1989. Son dernier opus, BlacKkkKlansman, expose avec un humour caustique le visage du racisme dans l’Amérique des années 70 – multipliant les parallèles avec l’Amérique de Trump. Ce virulent pamphlet politique a valu à Spike des nominations aux Oscars et aux Golden Globes, entre autres.

Son travail ne fait pas dans la dentelle et somme souvent le public de se réveiller! Le célèbre auteur-provocateur est réputé pour semer la pagaille et défier les conventions – pas pour créer un buzz, mais bien pour braquer les projecteurs sur des enjeux cruciaux qui lui tiennent à cœur.

Quand ses films ont provoqué des remous (comme ici, ici et ici), Spike ne s’est pas laissé abattre. Il a plutôt surfé sur la vague. Si quelque chose vous passionne, accrochez-vous. Si vous êtes furieux, trouvez un moyen de transmettre ce feu qui vous dévore. Ne laissez pas vos convictions partir à la dérive.

Bref, dans l’œil du cyclone, utilisez la puissance de l’ouragan à votre avantage. Lancez une conversation. Vous ne savez jamais où ça peut mener, quels alliés vous rallierez à votre cause en cours de route et les victoires qui pourraient en découler (parlez-en à Gillette ou Nike…)

Le public voit clair et apprécie le style sans fard de Spike quand il aborde ce qu’il appelle «les vraies de vraies affaires». Osez vous mouiller. Si vous croyez en ce que vous faites, les gens y croiront aussi – même si vous pourriez en froisser quelques-uns au passage.

 

3) Développez votre signature

Si vous avez vu les films de Spike, vous avez sans doute reconnu sa marque de fabrique: le plan en double dolly, qui consiste à faire avancer la caméra et l’acteur sur un rail de travelling. Placé sur un chariot, l’acteur avance alors que la caméra recule, ce qui donne l’impression que le personnage flotte dans les airs. Spike a utilisé cette technique dans  Malcolm X, 25th Hour, Inside Man et une foule d’autres films. Si d’autres l’avaient peut-être fait avant lui, Spike en a fait son dispositif de prédilection, à tel point qu’il est maintenant directement associé à son travail.

La leçon à retenir? Pas besoin d’avoir inventé quelque chose pour vous l’approprier. Vous voyez quelque chose qui vous interpelle? Plongez, creusez – et ajoutez-y votre touche personnelle, bien sûr. Être créatif ne signifie pas toujours de partir de zéro. Parfois, il s’agit de revisiter une technique ou une approche existante et de la transposer dans votre propre univers.

Ce qui nous mène au dernier conseil de Spike…

 

4) Adaptez vos classiques

Ce n’est pas parce que ça a déjà été fait que ce n’est plus pertinent. La preuve en est que la dernière série de Spike sur Netflix, She’s Gotta Have It, se base sur son premier film du même nom, sorti en 1986.

She’s Gotta Have It n’a peut-être pas fracassé les records de box-office au moment de sa sortie, mais les thèmes qu’il abordait – comme le sexe, le genre et le pouvoir – sont toujours d’actualité.

Dans ce cas-ci, Spike (ou plutôt sa femme) a visé juste en reconnaissant que la façon dont les gens consommaient les médias avait changé, et en trouvant un moyen de les rejoindre là où ils l’attendaient. Résultat: son film revit dans un format différent. Et ça marche.

Le succès du remake de Netflix suggère aussi que son histoire était peut-être en avance sur son temps. Étudiez donc comment votre industrie a évolué, retravaillez de vieilles idées et réinventez-les.

Comme le dit si bien Spike: «Le monde a changé. Soit tu t’adaptes, soit tu péris.»

 

Pour entendre Spike Lee et les autres conférenciers annoncés jusqu’ici, hâtez-vous d’acheter votre laissez-passer pour C2 Montréal 2019 (22-24 mai 2019).

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