Les gens et la confiance d’abord: la technologie du futur vue par will.i.am

Équipe C2
Future technology with will.i.am: A people-first approach to technology’s uncertainties

Crédit: Arianne Bergeron
 

will.i.am, Speaker at C2 Montréal 2019

will.i.am

Fondateur et PDG, I.AM+

@IAMWILL

 

«La technologie, c’est compliqué. C’est pas comme créer des beats ou écrire du rap – c’est vraiment pas évident.»

 

Pour will.i.am, les bouleversements sont chose du passé — l’action passe aujourd’hui par la transformation.

Passionné par l’avenir et les technologies, l’entrepreneur, innovateur et artiste évolue en toute fluidité entre les univers de la création et des technologies. À titre de fondateur et PDG d’I.AM+, will.i.am s’emploie à fusionner logiciel de traitement de la voix, intelligence artificielle et appareils connectés dans le but de développer des technologies qui transformeront les entreprises, mais également les gens et les communautés.

 

Devant l’IA, tout est question d’attitude

Si will.i.am s’intéresse à l’apprentissage machine, c’est parce qu’il demeure optimiste à l’égard de cette technologie.

«Des emplois qu’on ne peut même pas imaginer existeront sous peu, dit-il. C’est ce que j’espère. Je refuse de vivre dans la peur de quelque chose qui arrivera de toute façon. Je laisse mon optimisme guider ma passion… Il y aura des turbulences, et nous nous trouvons présentement à un carrefour vraiment difficile. Mais c’est pendant la crise financière de 2008 qu’Apple a lancé l’iPhone, et de nombreux entrepreneurs sont nés durant cette période. Je crois que nous vivrons une situation similaire. »

Il se crée chaque jour des entreprises et des technologies qui nous auraient semblé inconcevables auparavant, nous rappelle-t-il. «Voulez-vous bien me dire qui aurait su ce qu’était un développeur en 1920? De nouveaux emplois s’en viennent. Je ne sais pas ce que ce sera, mais ils s’en viennent. Je dois penser comme ça, sinon je déprime, et je ne veux pas être déprimé.»

 

S’asseoir à la table de l’IA

Bien des préoccupations au sujet de l’IA sont légitimes, reconnaît-il, «mais ces avancées verront le jour et seront déployées, quoi que l’on fasse. Si nous décidons de ne pas y prendre part, bien des choses négatives que l’on craint pourront se concrétiser.»

Peu de personnes de couleur œuvrent dans l’industrie de l’IA. C’est pourquoi will.i.am travaille aussi fort pour «faire en sorte que l’avenir soit positif pour nous, afin que l’histoire ne se répète pas. Pour éviter que le racisme se perpétue en “machine-isme”, et que les machines considèrent de façon défavorable les personnes noires – parce que l’entraînement des systèmes est fondé sur le comportement humain. Pourquoi les choses devraient-elles se passer de cette manière? Comment pouvons-nous réfléchir aux façons de réduire les préjugés dans les technologies? Il faut d’abord faire preuve de leadership.»

Il croit que la peur de l’IA tient également à l’absence de réglementation.

«Les gouvernements n’arrivent pas à suivre le rythme de l’innovation. Ça prend donc du leadership, des cadres supérieurs et des développeurs qui s’autoréglementent, dit-il. C’est pourquoi j’essaie de trouver des entreprises dans lesquelles investir, et que je peux conseiller, afin que les préjugés n’affectent pas les gens qui me ressemblent ou qui viennent du même milieu que moi. Parce que ce sont eux qui seront le plus touchés.»

Il croit que les entreprises de demain agiront de manière différente. «Je ne veux pas être cliché, mais ces entreprises technologiques auraient beaucoup à apprendre de l’univers de la musique en ce qui a trait au fait d’axer leurs créations sur les gens.»

 

Parole de will.i.am

«On fera toujours des erreurs. Si on ne fait pas d’erreur, on n’apprend pas. Et si on ne fait pas face à nos erreurs, on capitule… On ne peut pas être entêté; il faut garder l’esprit ouvert et ne pas avoir peur de faire des erreurs.»

 

La transformation génère la confiance

Selon will.i.am, un nouveau type d’entrepreneur régnera sur les marchés de demain.

«Après cette vague de bouleversements, les gens finiront par sortir la tête de l’eau, prédit-il. Les organisations et les nouveaux entrepreneurs en viendront à considérer que la transformation est ce qui prime avant tout: je veux transformer les communautés pour le mieux, je veux transformer la société. La confiance est la monnaie d’échange de demain.»

La «disruption» peut faire mal, ajoute-t-il. «C’est dépassé, tout comme l’invention est dépassée. Maintenant, les gens parlent d’innovation. Je dois créer un truc qui n’a jamais existé; l’innovation, c’est améliorer quelque chose qui existe… La disruption, c’est brutal. Si, au bout du compte, vous ne donnez pas de la valeur à ce que vous avez bouleversé, mêlez-vous donc de vos affaires.»

Pour will.i.am, confiance et IA vont de pair. «Les géants d’aujourd’hui ne seront pas les géants de demain, dit-il. Il y a un jeune de 15 ans quelque part qui va créer l’entreprise de demain, une entreprise qui sera axée sur les gens.»

 

 

Qu’enseignera will.i.am à ses enfants?

«Les mêmes choses que ma mère m’a enseignées. Tout d’abord, ton vocabulaire, c’est ton identité, alors exprime-toi. Si tu as une idée, partage-la avec passion afin d’inspirer les autres à voir ce que tu vois. Transforme les inconnus en amis, et les amis en membres de ta famille; comme ça, tu n’auras pas d’ennemis. Entoure-toi de gens qui représentent ton rêve… Fais preuve de souplesse pour collaborer avec des gens qui ne sont pas exactement comme toi.»

 

Regardez will.i.am en direct de l’Aquarium C2


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