Le chef vedette Marcus Samuelsson à C2 Montréal 2019

Équipe C2
Le chef vedette Marcus Samuelsson à C2 Montréal 2019

Le chef de renommée internationale Marcus Samuelsson a tôt fait de découvrir que peu importe où il se trouvait sur la planète, la nourriture avait un pouvoir incroyable. En fait, pour rapprocher des peuples et des cultures, et ouvrir la porte à une diversité d’idées, semble-t-il qu’il n’y a rien de tel que de s’asseoir à la même table.

Le parcours impressionnant de Marcus l’a mené de son Éthiopie natale à la Suède, puis à Harlem, avec des escales en Europe, au Japon et dans le Midtown de Manhattan. Au passage, il a acquis une reconnaissance mondiale en tant que chef et restaurateur primé, auteur, personnalité de la télé et philanthrope notoire.

C2 Montréal (22-24 mai) aura l’honneur d’accueillir Marcus dans le cadre d’une classe de maître. Au menu: comment valoriser le potentiel de la nourriture en tant que catalyseur de nouvelles connexions, et pourquoi la diversité est un ingrédient essentiel à votre succès, peu importe dans quel domaine vous évoluez.

 

Un chef qui a fait du chemin. Beauuucoup de chemin.

Dans sa biographie intitulée Yes, Chef (2012), Marcus parle du lieu de sa naissance comme étant situé «à huit kilomètres du milieu de nulle part». L’endroit en question s’appelle Abrugandana, un village éthiopien si petit qu’il n’est même pas indiqué sur la plupart des cartes.

Le long voyage qui allait le mener au sommet du monde culinaire s’est amorcé à pied, plus précisément dans les bras de sa mère, qui a porté Marcus et sa soeur malades à l’hôpital le plus près de leur village… à 120 km de distance. Tous trois étaient atteints de tuberculose, et si sa mère a pu sauver ses enfants, elle n’a pas eu la même chance. Marcus et sa sœur ont ensuite été adoptés par un couple de Göteborg, en Suède. C’est là, aux côtés de sa grand-mère adoptive, que Marcus a développé son amour de la cuisine et jeté les bases de sa future carrière.

 

New York, New York

Après avoir obtenu son diplôme de l’Institut culinaire de Göteborg, le jeune Marcus s’est frayé un chemin à travers l’Europe et le Japon, peaufinant son art dans certains des meilleurs restaurants du monde – moyennant un salaire de misère, quand il n’était pas carrément bénévole. Bien que cette expérience se soit avérée enrichissante sur bien d’autres plans, l’Europe du début des années 1990 venait avec son lot d’obstacles systémiques: le plafond de verre auxquels se heurtaient les immigrants et les réfugiés lui mettait des bâtons dans les roues pour créer sa propre entreprise. Marcus a donc mis le cap sur l’Amérique pour poursuivre ses rêves.

C’est à New York que Marcus s’est véritablement illustré. En 1994, il décroche un poste d’apprenti chez Aquavit, l’une des tables les plus prestigieuses de Manhattan. À force de compétence, de passion et de persévérance, il s’élève rapidement au rang de chef exécutif. À l’âge de 23 ans, il devient le plus jeune chef à se voir accorder trois étoiles par le New York Times.

Lauréat de deux prix James Beard (les Oscars de la gastronomie) et d’innombrables autres récompenses, Marcus atteint le statut de chef superstar avant même d’avoir 30 ans. Mais avec tant de réalisations précoces à son actif, Marcus a commencé à se demander ce que devait être la prochaine étape. La tragédie du 11 septembre allait bientôt tout changer.

 

La diversité sur un plateau d’or

Après les attaques terroristes, Marcus a traversé ce qu’il décrit comme une crise existentielle. La vie est courte, et il s’est demandé ce qu’il voulait vraiment faire de la sienne.

Marcus avait toujours voulu ouvrir son propre restaurant, et Harlem semblait le lieu tout indiqué pour le faire: un quartier à l’histoire riche dont il pourrait s’inspirer, et une manifestation vivante de l’incroyable diversité que New York a à offrir. Marcus souhaitait que son restaurant reflète la communauté dans laquelle il était enraciné. C’est ainsi qu’à la fin de 2010, après des années de recherche et d’expérimentation, Red Rooster est né.

À Harlem, les restaurants sont plus que des restaurants. Comme l’expliquait Marcus dans un article signé Vanity Fair, «ça peut être l’endroit où tu arrêtes prendre une bouchée après l’église; ça peut être ce que j’appelle un resto-surprise – un gars qui ouvre des huîtres au coin de la rue… À Harlem, les bons restaurants sont de véritables communautés, en fait.» C’est ce sens de la communauté qu’il voulait recréer et célébrer. Et comme on pouvait s’y attendre, il a de nouveau connu un succès phénoménal.

Red Rooster croule sous les critiques élogieuses depuis son ouverture, et pas seulement pour ce qu’on y sert. Comme l’a soulevé le New York Times: «La diversité raciale et ethnique qui règne dans le vaste bar et la salle à manger à aire ouverte sont pratiquement inégalées… Voilà une espèce rare au royaume des entreprises culturelles – une qui soutient non seulement l’idée ou la promesse de la diversité, mais qui incarne la diversité elle-même.»

Ce n’est pas seulement par souci de diversité que la majorité du personnel de Marcus vient du quartier, et que 30% des tables sont dédiées aux clients locaux qui arrivent sans réservation. La diversité est en soi tributaire du succès du restaurant. Pour Marcus, il n’a jamais été uniquement question de faire du profit, mais bien de bâtir des ponts entre les cultures et les communautés.

 

Et une bonne pincée de créativité!

Depuis, l’empire de Marcus n’a cessé de gagner du terrain. Le Groupe Marcus Samuelsson compte maintenant des restaurants aux États-Unis, aux Bermudes, en Scandinavie et à Londres. En juin prochain, il ouvrira un restaurant éponyme (baptisé MARCUS) dans le tout nouvel hôtel Four Seasons du centre-ville de Montréal.

Marcus anime aussi une émission de télévision intitulée No Passport Required, qui relate les expériences d’autres immigrants aux États-Unis. Il profite de cette tribune pour mettre en lumière le vaste éventail de traditions et de cuisines qui ont laissé leur trace dans la culture américaine.

Bien que l’émission n’ait pas été créée en réponse au climat politique actuel qui secoue l’Amérique, elle s’inscrit parfaitement dans l’air du temps. Dans un monde en proie à de colossaux défis économiques, environnementaux et politiques, les solutions qui tiendront la route seront d’abord et avant tout créatives – une conviction que Marcus applique à tout ce qu’il fait.

«La cuisine, l’art, la musique, l’écriture et la mode jouent tous un rôle dans le processus créatif. C’est ce qui le rend si amusant et dynamique», affirme Marcus. «C’est là où ces éléments et ces expériences se rejoignent que la magie opère et que la créativité fleurit.»

 

Toujours plus de nouveaux conférenciers

Marcus fait partie des nombreux esprits avant-gardistes et audacieux qui se joignent à notre liste croissante de conférenciers. C2 Montréal 2019 accueillera un businessman créatif, une exploratrice de l’IA, un boss du cannabis médical, une pêcheuse en apnée, un représentant du Québec en Chine, une physicienne des particules, une spécialiste des stratégies durables, une bâtisseuse du numérique, un grand maître de l’industrie musicale latino-américaine et un conteur d’étoiles (oui oui!) pour ne nommer que quelques-uns de ces nouveaux visages. Rencontrez-les tous ici.

 

Ne manquez pas votre chance de participer à la classe de maître de Marcus – achetez votre laissez-passer pour C2 Montréal 2019 sans tarder.

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