ARTCH: un incubateur créatif pour encourager la relance des artistes émergents

Présenté par RBC

Quelle place les artistes occupent-ils dans ce monde à jamais transformé par la pandémie, et de quoi ont-ils besoin pour assurer l’avenir de leur pratique? L’artiste Sarah-Mecca Abdourahman nous parle de son expérience au sein de l’incubateur créatif ARTCH.

Sarah-Mecca Abdourahman est, pour reprendre une expression populaire, tombée dedans quand elle était petite. « J’ai toujours su que l’art ferait partie de mon futur, explique la peintre et vidéaste Somalienne-Indienne originaire d’Ottawa. Ma mère travaillait à la Galerie Nationale du Canada, alors j’ai grandi entourée d’art ». Après avoir fait ses études secondaires dans une école à vocation artistique, entre des étés passés au camp d’été spécialisé en arts, Sarah-Mecca est venue s’établir à Montréal où elle a récemment complété son Baccalauréat en Studio Arts à l’Université Concordia.

 « Je me considère comme une artiste multidisciplinaire, dit-elle. Je travaille principalement avec la peinture et la vidéo et m’inspire de mon héritage personnel, explorant des thèmes comme l’identité, la famille et la société. L’un de mes objectifs est de contribuer à la visibilité et à la représentation des personnes noires dans l’art canadien. » Bien que la peinture et la vidéo soient deux pratiques distinctes pour l’artiste, elle affirme y voir des similitudes, notamment dans l’utilisation de couleurs vives et dans l’inclusion de symboles issus de la culture populaire.

 

Prendre le temps de se ressourcer

Lorsque la pandémie a frappé, Sarah-Mecca Abdourahman étudiait à Concordia. Avec un horaire de cours très chargé, elle commençait à ressentir des signes de fatigue et avait du mal à trouver l’inspiration. « Sans la pandémie, dit-elle, je crois que je n’aurais jamais osé prendre ce temps pour ne rien faire. Je me serais cherché un emploi tout de suite et je serais sans doute encore au même point : épuisée et aux prises avec un blocage créatif. Le confinement m’a permis de me reposer avant de me lancer dans l’expérience ARTCH, qui s’est avérée instructive et inspirante; combinée au sentiment de solitude causé par la pandémie, elle m’a redonné le goût d’échanger avec d’autres artistes, de collaborer et de cocréer. »

 

Une expérience engageante

ARTCH est un incubateur artistique dont la mission est d’accompagner les artistes émergents dans les premières étapes de professionnalisation à l’aide d’une série de formations, de mentorat et de soutien financier. Rendue possible grâce à la collaboration de partenaires investis dans l’art et la culture, comme RBC Banque Royale, l’expérience ARTCH se concrétise par une exposition d’une durée d’environ deux semaines sous forme d’un festival où les amateurs d’art visuel peuvent découvrir les œuvres et échanger avec les artistes.

« ARTCH m’a permis de retourner à Montréal et donné l’opportunité de faire de multiples belles rencontres, et les formations m’ont été très utiles, dit Abdourahman. Une fois par semaine, on nous proposait des ateliers portant sur diverses facettes plus techniques et administratives de la professionnalisation de notre pratique : attribuer un prix à nos œuvres, entrer dans les galeries, faire du réseautage, etc. De plus, durant le festival, j’ai eu la chance de rencontrer énormément de gens et de parler de mes œuvres jour après jour, faisant ainsi connaître mon travail et mon nom. Étant une personne introvertie, cette expérience m’a aussi rendue beaucoup plus confortable avec le fait de parler de mon art et d’échanger avec les autres artistes et les amateurs d’art. C’est un festival vraiment génial! »

 

Repenser la diversité de façon authentique

Alors qu’elle entame une carrière qui s’annonce prometteuse, Sarah-Mecca Abdourahman souligne l’urgence de créer un patrimoine artistique à l’image de la société. Selon elle, beaucoup plus d’artistes oseront poursuivre leur passion pour l’art s’ils s’y reconnaissent, ce qui passera immanquablement par davantage de diversité dans les galeries. « On constate un changement d’attitude depuis un an ou deux, alors que le monde a été marqué par le mouvement Black Lives Matter, dit-elle. Depuis le déconfinement, plusieurs galeries tentent d’avoir plus d’expositions mettant en valeur les artistes de la diversité; elles semblent avoir pris conscience de l’importance de celle-ci dans le monde de l’art. Les choses s’améliorent, bien que lentement. C’est encore très récent, donc difficile de savoir si c’est un changement authentique ou du tokénisme, mais l’avenir nous le dira. »

Pour Sarah-Mecca Abdourahman, l’art est aujourd’hui plus crucial que jamais, alors que la vie reprend lentement son cours. Au-delà des enjeux de connexion, de représentation et de diversité, elle évoque ce contact irremplaçable que procure la découverte d’une œuvre en personne, et non à travers un écran; la possibilité de s’imprégner de celle-ci, de s’en approcher, d’en faire l’expérience de manière plus sensorielle. « Rien ne remplace la liberté de marcher dans une galerie, d’admirer une œuvre de près. Je crois que la pandémie nous aura appris à apprécier cette expérience encore plus qu’avant. »

 

L’importance de la relance des artistes émergents

Pour en découvrir davantage sur la façon dont ARTCH soutient les artistes de la relève, écoutez le C2 Mixer, une conversation passionnante mettant en vedette Sarah Kitzy Gineau-Delyon, directrice de ARTCH, Julien Valmary, directeur du soutien et des initiatives stratégiques au Conseil des Arts de Montréal et Audrey Genois, directrice générale de Momenta Biennale de l’image.