Idées à emporter : le Chef Ghislain Picard à propos d’une économie autochtone

Présenté par la CDEPNQL

Ghislain Picard est le Chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL). Il est militant et porte-parole pour plus de 40 communautés autochtones réparties dans 10 nations régionales depuis 1992. Grâce à ses efforts répétés, les droits des populations autochtones ont été reconnus dans un esprit d’harmonie, de tolérance et de respect. Son point de vue et ses réflexions ont une valeur inestimable pour les chefs d’entreprises qui souhaitent promouvoir une culture inclusive et favoriser l’intégration des employés autochtones.

Dans cette conversation avec Mélanie Paul, présidente d’Inukshuk Synergie, coprésidente et directrice générale d’Akua Nature et co-fondatrice du Cercle Mocassins et Talons Hauts, Ghislain Picard a discuté de la stratégie du Canada pour les industries et de l’intégration des personnes autochtones dans les entreprises, afin de dresser le portrait d’une nation véritablement décolonisée.

Voici cinq idées à retenir de cette conversation.

 

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Ghislain Picard, Chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL)

 

Les gens sont plus conscientisés que jamais

Si la fonction du Chef Picard est avant tout politique, celle-ci implique également un aspect éducatif. En effet, il faut éduquer la société aux réalités des peuples autochtones afin de mieux comprendre leurs revendications. Les efforts de M. Picard ont porté fruit : « Ce que je constate un an plus tard, c’est qu’il y a beaucoup plus d’intérêt. La perception envers les autochtones n’est pas ce qu’elle était avant. Et de toute évidence, je dirais que les enjeux autochtones, de façon générale, occupent beaucoup plus l’espace public qu’avant et je pense que ça présente des avantages extrêmement importants lorsqu’il s’agit de favoriser le rapprochement en insistant notamment sur des réalités qui ont été pendant trop longtemps ignorées. La conclusion à laquelle j’en viens aujourd’hui, un an plus tard, c’est qu’il y a une plus grande volonté d’en savoir davantage et surtout de poser des gestes concrets pour ce rapprochement. »

 

Les gouvernements ET les individus ont un rôle à jouer

La réconciliation passe par une prise de responsabilité de la part des gouvernements, mais aussi de la part des individus. Chacun a un rôle à jouer pour favoriser les rapprochements entre les Québécois et les Premières Nations. « C’est clair qu’il y aura toujours une responsabilité au niveau des gouvernements. (…), mais ceci étant dit, il n’en demeure pas moins que nous avons aussi comme société une responsabilité qui est autant individuelle que collective, » affirme Ghislain Picard.

 

Les alliances économiques sont inscrites dans l’histoire du Québec

L’histoire des Premières Nations du Québec comporte de nombreux chapitres douloureux. Cependant, elle compte aussi des moments qui prouvent que les alliances sont possibles et avantageuses. Comme le dit M. Picard : « Il faut aussi savoir qu’on a eu des alliances dans le passé, des alliances commerciales, des alliances économiques aussi. On nous présente finalement une opportunité de renouveler tout ça. »

 

Tout le monde profite des partenariats économiques entre autochtones et allochtones

Un vent favorable souffle actuellement sur l’entrepreneuriat autochtone. De nouvelles entreprises voient le jour, la formation de la main-d’œuvre se développe et une nouvelle génération d’entrepreneurs innovants et dynamiques commence à prendre sa place dans le paysage économique québécois. « Et il y a une culture, une contribution très certainement à apporter autant à des peuples autochtones qu’à la communauté commerciale et économique autour de nous, » déclare Ghislain Picard.

 

Comprendre les réalités des Premières Nations pour pouvoir avancer ensemble

« Je pense que c’est important aussi de se rappeler qu’il y a quand même un traumatisme qui nous suit au niveau de nos populations, avec beaucoup d’effritement de la confiance, de l’estime de soi, des valeurs qui ont été au cœur de nos nations à une certaine époque » affirme M. Picard. En effet, afin que l’entrepreneuriat autochtone puisse se développer et enrichir l’économie québécoise, il faut avant tout s’ouvrir à l’autre et faire preuve d’écoute.

 

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